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Célébration du centenaire de Disney au Festival Lumière - Courtoisie de Disney

Retour sur la célébration du centenaire Disney au Festival Lumière

Dans le cadre de la programmation spéciale « 100 ans Disney » au Festival Lumière, nous avons pu assister en ce jour d’anniversaire à une rétrospective des dix premières décennies du studio enchanté, à travers des courts-métrages inédits ou emblématiques, le tout animé par l’auteur et consultant Sébastien Durand et en présence de Frédéric Monnereau (à la tête de la Distribution des films de l’ensemble des Studios de The Walt Disney Company en France). 

100 ans de Disney célébrés au Festival Lumière

Pour introduire cette présentation de l’histoire des studios, Thierry Frémeaux (directeur de l’Institut Lumière de Lyon) est venu rappeler la grande importance accordée à Disney dans la programmation 2023 du Festival à l’occasion de cet anniversaire historique des studios. À commencer par le succès de la séance du (Le) Livre de la Jungle la veille à la Halle Tony Garnier et jusqu’à la Nuit Star Wars qui aura lieu dans la nuit du samedi 21 au dimanche 22 octobre. 

Célébration du centenaire de Disney au Festival Lumière – Crédit : Disneyphile

Frédéric Monnereau est ensuite intervenu, se déclarant ravi d’être ici pendant que d’autres collaborateurs de la Walt Disney Company était à ce moment même à Disneyland Paris pour une autre partie des festivités de l’anniversaire. Il nous rappelle que ces 100 années représentent « 100 ans de créativité, beaucoup de talents qui ont travaillé à vous faire rêver, mais il reste encore beaucoup de choses à vous raconter ». Le directeur de la distribution est en effet revenu alors sur la sortie prochaine de Wish : Asha et la bonne étoile qui aborde « une nouvelle princesse, de nouvelles chansons », le caractère très inédit de ce film semblait tenir à cœur à Frédéric. Le directeur de la distribution invite ensuite Sébastien Durand à venir nous proposer un petit historique des studios en nous précisant que lui même, lors de la répétition la veille à minuit, a pu grâce à l’historien et les court-métrages découvrir de nouvelles informations sur les studios. 

Une histoire des studios à travers des court-métrages 

Pour ce jour très spécial, c’est l’historien Sébastien Durand qui a été chargé de retracer une petite histoire des studios grâce au support de sept court-métrages, de l’un des premiers « Laugh-o-Grams » au début des années 20 jusqu’au merveilleux Il Était une Fois un Studio, déjà présenté lors du Festival d’Animation d’Annecy et mis en ligne aujourd’hui même sur Disney +. 

Courtoisie de Disney

Sébastien Durand nous rappelle dès le départ que si l’anniversaire que nous fêtons aujourd’hui est celui célébrant le 16 octobre 1923, Walt Disney a pourtant créé deux studios déjà auparavant, d’une très courte durée de vie. Cette brève histoire des studios commence par un court métrage de la série des « Laugh-o-Gram », réalisé par le studio du même nom au début des années 20. Il s’agit de Cendrillon, bien loin toutefois de ce que sera le classique d’animation de 1950. Il s’agit au contraire d’un cartoon très moderne. En effet, et nous l’avions évoqué en parlant des débuts des studios de Walt Disney, la série des « Laugh-o-Gram » avait pour but de moderniser les contes de fées classique. Nous découvrons ainsi à l’écran des personnages vêtus à la mode des années 20, une voiture remplace le carrosse et les danseurs évoluent sur des notes de Charleston. Nous ne pouvons toutefois découvrir que 90 secondes d’un court métrage qui était originellement un peu plus long et dont l’état de la pellicule est malheureusement endommagé par le temps. 

L’histoire des court-métrages se poursuit avec deux courts que Sébastien Durand nous propose de découvrir en parallèle : Les Problèmes de Tramway avec Oswald et Steamboat Willie avec Mickey. L’occasion de revenir sur deux personnages emblématiques des studios, le premier dont Walt n’aura pu conserver les droits, et le deuxième qui aura contribué à son succès. Et déjà en quelques années, les progrès techniques sont notables. Les Problèmes de Tramway n’utilise plus de phylactères comme pouvaient le faire les courts des « Laugh-o-Gram » mais surtout, Steamboat Willie amène avec lui la synchronisation du son et de l’image directement sur pellicule. Sorti le 18 novembre 1928, ce troisième court métrage mettant en scène Mickey est ainsi une révolution (amorcée l’année précédente par Le Chanteur de Jazz, premier film à déjà synchroniser son et image). Son retentissement est tel, que, alors qu’il est en première partie (comme le sont tous les courts métrages de l’époque) du long-métrage La Guerre des Gangs, le lendemain dans les journaux, les critiques ne parlent que de la prouesse de la souris de Disney. Walt est crédité comme réalisateur des deux courts métrages tandis que Ub Iwerks est en charge de l’animation. Ils font partie des derniers courts réalisés par Walt avant que ce dernier ne passe plus du côté de la production. Succèdent rapidement à Mickey de nombreux autres personnages dans cette décennie : Pluto en 1930, Dingo en 1932, Donald en 1934, Daisy en 1937 et Tic et Tac en 1943. Sébastien Durand insiste ainsi sur l’importance de tous ces personnages dans le succès des courts-métrages particulièrement nombreux entre les années 1930 et 1950, âge d’or de ce type de production. 

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Courtoisie de Disney

L’historien nous donne ensuite à voir deux autres courts : Nettoyeurs de Pendule (1937) et La Caravane de Donald (1950). Ces courts métrages donnent de plus en plus d’importance aux acolytes de Mickey jusqu’à ce que ce dernier ne soit plus nécessairement présent à l’écran, comme dans La Caravane de Donald qui met en scène exclusivement Donald et Tic et Tac. Donald est par ailleurs l’un des personnages qui sera le plus souvent mis en avant après Mickey. Sébastien Durand accompagne ces deux court-métrages de deux petites anecdotes : pour Nettoyeurs de Pendule, il est important de comprendre la passion que Walt pouvait nourrir pour l’horlogerie. Cette passion serait née de l’émerveillement qu’il aurait eu en découvrant, lors de son service pour la Croix Rouge en France pendant la première Guerre Mondiale, l’horloge astronomique de Strasbourg. Quant à La Caravane de Donald, l’historien tient à nous rappeler que contrairement à ce que pense l’imaginaire collectif, les petites créatures Tic et Tac ne sont pas des écureuils mais des tiamas, petits mammifères américains reconnaissables à leur queue plus courte que celle d’un écureuil. 

La fin des années 50 amène avec elle la fin de l’âge d’or des cartoons Disney. En effet, c’est à ce moment là que les téléviseurs se développent dans les foyers américains et pour rivaliser, les salles de cinéma sont obligées d’envisager des films plus spectaculaires et plus longs, ne permettant plus d’accueillir des court-métrages en première partie, nous explique Sébastien Durand. Pourtant cet amoindrissement des courts amène un autre problème. Les court-métrages sont bien souvent pour les studios des laboratoires d’exploration et d’innovation qui permettent de tester de nouvelles technologies sans que les risques ne soient aussi élevés que pour un long-métrage. C’est ainsi que Le Vieux Moulin, célèbre court des « Silly Symphonies » a servi de laboratoire pour la profondeur de champs utilisé ensuite pour Blanche Neige et les Sept Nains. À partir des années 80/90 les studios se remettent ainsi à ce type de format. Sébastien Durand nous propose alors de regarder Paper Man (2012), un court métrage qui expérimente à la fois l’image de synthèse et les filtres d’images permettant de conserver un aspect traditionnel à l’animation, le tout quasiment intégralement en noir et blanc avec seulement une petite touche de rouge. L’autre particularité de ce court qui le diffère encore de ceux des années 30 est l’allègement des gags remplacés cette fois-ci par une plus grande poésie et une importance accordée à l’émotion. On voit également avec le générique que les équipes travaillant sur les court-métrages sont également maintenant composées de bien plus d’artistes qu’à l’époque de Walt et Ub. 

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Enfin cette évolution vers des court-métrages plus émotionnels nous amène naturellement au dernier court-métrage projeté dans cette matinée de présentation. Il Était une Fois un Studio, dernier court-métrage des studios, diffusé depuis aujourd’hui sur Disney+ est en effet un digne héritier de toute cette tradition du court-métrage Disney. Filmé dans les véritables locaux des studios, alliant personnages 2D et 3D, cette production est un véritable bijou des studios. Réaliss par Trent Correy et Dan Abraham, le court métrage a également été supervisé par le célèbre animateur Eric Goldberg qui a chapeauté les nouvelles générations d’animateurs et en a fait revenir d’autres, à la retraite, pour reprendre leurs créations dans ce court. C’est le cas des animateurs de Ariel et Ursula qui ont redonné vie à leurs personnages dans ce nouveau court-métrage. Comme cela fut déjà le cas lors de sa projection à Annecy, le court-métrage a suscité un tonnerre d’applaudissements auprès des spectateurs du Festival Lumière qui on a leur tour découvert ce chef-d’œuvre.

100 ans d’histoire et d’archives

Des « Laugh-o-Gram » avant même la création des studios que l’on connait aujourd’hui jusqu’à Il Était une Fois un Studio, on peut constater que les studios d’animation Walt Disney a traversé un long chemin d’histoires et d’innovations dont les court-métrages qui ont jalonné ce centenaire. Ces archives sont d’autant plus importantes qu’elles marquent non seulement l’histoire des studios mais également l’histoire du cinéma d’animation dans toute sa globalité. Il s’agit là d’un patrimoine universel créé par de nombreux artistes au fil des décennies, qui a inspiré de nombreuses autres générations d’artistes qui a leur tour, ont fait perdurer cette tradition de l’animation et du progrès. À l’occasion de ce centenaire, comme un point d’étape pour les studios, on ne peut qu’émerveiller de tout ce chemin parcouru et compter sur la firme aux grandes oreilles pour continuer dans cette même direction visionnaire et enchantrice pour les 100 prochaines années à venir, et espérons-le, même au-delà.

Pour rester sur cette année, le Festival Lumière continue de proposer toutes la semaine des évènements et séances inédites pour fêter ce grand anniversaire de Disney et découvrir autant que redécouvrir les longs-métrages cette fois-ci qui ont marqué les studios. 



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