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Black Panther : Wakanda Forever – Critique du Film Marvel Studios

Avec Black Panther : Wakanda Forever, ultime chapitre de la phase IV de l’univers cinématographique Marvel, Marvel Studios réussit le tour de force de proposer une histoire prenante et ambitieuse, tout en offrant un hommage émouvant à l’acteur qui a incarné ce super-héros de 2016 à 2021 au cinéma.

Le Roi est mort, vive Black Panther

La phase III de l’univers cinématographique Marvel a été profondément marquée par la sortie de Black Panther. S’il réussit à emmener le cinéma de super-héros vers de nouveaux sommets, il n’aura pas fait entièrement l’unanimité. Qu’à cela ne tienne, son histoire captivante et son univers riche emportent l’adhésion du public et inscrivent cette franchise durablement dans le MCU. Le film fait aussi évidemment parler pour son récit capable de soulever de nombreux débats socio-politiques en Amérique et ailleurs. Ses thèmes défient les préjugés institutionnels, ses personnages s’attaquent sans subtilité à certaines formes d’oppression et son histoire comprend des perspectives prismatiques sur la vie et la tradition des Noirs, dans un moment politique décisif – certains diraient régressif – aux États-Unis. Le film est accueilli triomphalement dans les salles, rapportent 700,1 millions de dollars aux États-Unis et au Canada, et 646,9 millions de dollars dans les autres territoires, pour un total mondial de 1,347 milliard de dollars. Il devient alors en 2018 le film de super-héros solo le plus rentable, le troisième film le plus rentable du MCU et le neuvième film le plus rentable de tous les temps. Il reçoit l’année suivante sept nominations aux Oscars, dont une mention dans la catégorie Meilleur Film (une première pour un film de super-héros), et remporte trois statuettes pour ses costumes, sa musique originale et ses décors. Il est également nommé dans la catégorie Meilleur Film Dramatique aux Golden Globes, une première là encore pour le genre super-héroïque. Fort de ce succès et après quelques mois de négocations, une suite est commandée et dès le mois d’octobre 2018, on apprend que Ryan Coogler rempilera à la réalisation et l’écriture de ce second opus. Il faudra attendre la convention de la Comic-Con à San Diego en 2019 pour avoir enfin la confirmation du lancement de ce chantier. Quelques semaines plus tard, une date de sortie est dévoilée à la D23 Expo. Le fim est alors attendu pour le 6 mai 2022.

critique black panther wakanda forever 01

Si Black Panther avait une consonance particulière au moment de sa sortie – premier film sur un super-héros noir, avec un réalisateur noir et un casting dans le même sens, Black Panther : Wakanda Forever parvient lui aussi à créer l’événement auprès des fans pour des raisons bien différentes. La disparition brutale de l’acteur Chadwick Boseman en août 2020 (ni l’équipe de production ni le casting n’étaient au courant de son mal), qui devait renfiler le costume pour ce second volet, après être apparu dans Captain America : Civil War (2016), Black Panther donc (2018), Avengers : Infinity War (2018), Avengers : Endgame (2019) et à titre posthume What If… ? (2021), a suscité d’abord l’émoi général. Un acteur montant dans sa génération et l’incarnation pour des millions de fans d’un super-héros plus que transcendé ont en effet chamboulé totalement le public, l’équipe créative du film et par ricochet la stratégie mise en place par Kevin Feige pour la franchise de la Panthère Noire. Alors qu’une première version du script était en cours de finalisation avant la disparition de l’acteur, Ryan Coogler et ses équipes ont dû redoubler d’efforts pour retravailler totalement ce nouveau film. Car oui, l’idée retenue fut de maintenir cette suite, ne serait-ce que pour rendre hommage à l’acteur qui devait le porter au départ.

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Les observateurs de l’industrie ont alors estimé que Disney aurait pu recruter un nouvel acteur pour reprendre le rôle tenu par Chadwick Boseman, mais devant le probable « tollé des fans », la comparaison inutile qui allait naître entre l’ancien et le nouvel interprète et compte-tenu du symbole que représentait ce personnage à jamais lié à celui qui lui a donné vie à l’écran, il fut décidé dès le mois de décembre 2020 de ne pas le « recaster ». Autre solution, mais qui n’a pas été retenue là encore, recréer numériquement le visage de Chadwick Boseman, pour des raisons similaires à la première solution. Une suite logique des choses voudrait que Shuri assume le rôle de Black Panther, ce qui s’est d’ailleurs produit dans les comic-books. Quoi qu’il en soit, le tournage de Black Panther : Wakanda Forever, initialement prévu à partir de mars 2021 est reporté à juillet de la même année, le temps que le nouveau scénario soit écrit. Sa sortie est repoussée quant à elle à novembre 2022.




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Ryan Coogler décide dans ce film d’explorer davantage le devenir des personnages ayant gravité autour de T’Challa, en insistant sur l’impact que la perte du personnage a eu sur eux. Revenir sans son ami et acteur principal était émouvant, mais Ryan Coogler décrit le processus de production de ce film comme « cathartique » – en particulier comme un moyen de se connecter avec les nombreux membres de la distribution et de l’équipe qui étaient également aux prises avec le chagrin. Et cela se ressent dès le début du film. Dès la première minute, Black Panther : Wakanda Forever ne peut éviter le facteur qui a inévitablement marqué et changé le cours de toute sa production : la mort de l’acteur Chadwick Boseman. « Je devais trouver une façon dont je sentais que je pouvais continuer et une façon dont notre famille Black Panther pouvait continuer », expliquait-il à Entertainment Weekly « J’ai commencé à proposer un film qui contenait des éléments du film que nous venions de terminer d’écrire, mais qui appliquait également les thèmes que les personnes qui souffraient autant que moi pouvaient réellement jouer et exécuter l’autre côté ensemble. »

Un hommage puissant et audacieux à Chadwich Boseman et T’Challa

Après visionnage, on ne peut qu’adhérer à la vision de Coogler tant le pari, qui était certes risqué, s’avère réussi. Black Panther : Wakanda Forever constitue un hommage puissant à l’acteur Chadwick Boseman et à son personnage, comme intimement liés jusqu’à la mort et au-delà, et au poids de leur perte. Les passages les plus émouvants se situent sans doute au début et à la fin du métrage. Le film aborde magnifiquement le chagrin et ce que cela peut faire à une personne, voire toute sa famille. Le deuil n’est pas simplement évoqué puis mis de côté, comme ce peut être le cas dans d’autres films du MCU. Il imprègne tout le scénario et est abordé comme un processus psychologique évolutif. Le spectateur ressent lui aussi les réactions successives des protagonistes et en particulier celle du personnage de la princesse Shuri (Letitia Wright), qui nous fait traverser successivement les états de choc, de déni, de colère et de marchandage, de douleur et de tristesse, de résignation, d’acceptation et de reconstruction. Tout est traité avec subtilité et sincérité, si bien que ce personnage principal arrive, non pas à occuper une place vacante mais bel et bien épouser une stature inédite tant dans la forme que le fond, comme un miroir de son propre frère, si bien que personne ne devrait être surpris que le film ne parvienne jamais à surmonter la perte de Chadwick « T’Challa » Boseman.

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Finalement, dans la réalisation d’un acte de rationalisation du deuil, le récit suit un parcours cahoteux, en voulant toujours honorer la mémoire d’un personnage disparu tout en faisant avancer les choses. La formule de funambuliste pourrait paraître difficile mais s’avère assez convaincante au final, là où le premier volet offrait une certaine platitude. Ryan Coogler profite habilement de cet état de chagrin général pour mieux déconstruire et rebâtir différemment son univers. Intervient alors la thématique de la transmission, qui découle logiquement de la perte. Tout le film est une grande épopée intérieure pour le personnage de Shuri, qui grandit tout en essayant d’accepter et de surmonter la perte d’un être cher. L’écriture assez fine ne laisse jamais la place à une intrigue somme toute linéaire. Même si son issue reste finalement prévisible, les chemins pour y parvenir sont pour le moins originaux et Shuri n’a pas la voie toute tracée qu’a eu son frère les années précédentes, pour trouver sa raison d’être et ses nouvelles responsabilités au sein du Wakanda. Tout cela ne se fait pas sans peines mais le personnage de Shuri réussit à engranger tout l’héritage d’un peuple et d’une famille, pour mieux atteindre une forme de maturité inédite, tout en gardant la fougue qu’on lui connait depuis Black Panther. Notez que les opinions personnelles de Letitia Wright ont suscité de nombreuses réactions négatives ces derniers mois, alors ne soyez pas surpris si vous voyez sa contribution à ce film minimisée ou carrément ignorée dans certaines critiques. Il peut parfois être difficile de séparer l’artiste de son travail, mais le fait est qu’elle livre ici une performance vraiment incroyable et mérite tous les éloges qui lui parviennent.

Outre les thématiques du deuil et de la transmission omniprésentes, le film garde un certain axe politique et social, comme le précédent volet, de manière peut-être un peu moins appuyée ici. Alors que dans Black Panther, il était question principalement de comprendre la philosophie du royaume du Wakanda et sa capacité à agir ou se cacher du reste du monde, ici le contexte ayant grandement évolué depuis les cinq années de « Blip » provoquées par Thanos, les cartes sont rebattues et le destin du pays africain s’en trouve bouleversé. Nous laissons ainsi (en partie) la politique intérieure (largement traitée avec la rivalité autour du trône dans le premier film) pou nous intéresser davantage aux affaires extérieures du pays. La menace d’invasion pèse sur la nation wakandaise et plusieurs forces internationales, qui avaient jusque là les yeux rivés sur les ressources du pays, décident de mettre la pression sur ce dernier. L’univers même de la saga cinématographique la plus lucrative cherche également à refléter le poids du changement, alors que le reste des nations du monde cherche à utiliser le vibranium et profiter du fait que Wakanda est apparemment plus impuissant que jamais, sans monarque. Coïncidence n’est pas corrélation. Même si le grand chamboulement diplomatique qui nous est présenté dans le film, plaçant le Wakanda dans une position très délicate, peut évoquer de près ou de loin l’actualité réelle, il faut rappeler que le scénario du film a été écrit bien avant la guerre sur le sol ukrainien. Quoi qu’il en soit, le film possède, comme le premier opus, une résonnance toute particulière sur notre époque incertaine et laisse à réfléchir finalement sur ce qui serait la moins pire des solutions en des temps troublés où tout n’est pas noir ni blanc. Ce qui fait d’ailleurs la force des thèmes politiques traités sont sans aucun doute les dialogues souvent bien écrits. En ce sens, le film se veut éminent sérieux, tout comme l’était également le premier opus, même si l’axe politique est mis peut-être un peu au second plan ici.

Angela Bassett reprend dans ce film le rôle de la reine Ramonda du Wakanda et livre peut-être la prestation la plus bouleversante depuis fort dans longtemps dans l’univers cinématographique Marvel. L’actrice puise au plus profond d’elle une énergie intense qui lui permet de retranscrire au mieux des blessures douloureuses dans la peau de son personnage, mais aussi une autorité morale et un instinct maternel qui baignent le film et les personnages.

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Il se passe beaucoup de choses dans Black Panther : Wakanda Forever. Et ce n’est pas tant du fait de son rythme qui sait offrir des temps de respiration bienvenus mais davantage à la somme des personnages qui se croisent et à tous les lieux explorés. Que ce soit le voyage de Shuri, les ruptures du Wakanda avec le monde, ou l’inclusion même d’un nouveau personnage à inclure dans les futures séries et films, comme Riri Williams (Dominique Thorne), le film garde une certaine ligne directrice même si les différentes excursions qu’il offre peuvent par moment nous sortir du propos principal. Mais ce qui peut pécher, comme ce fut le cas d’ailleurs dans le premier volet, c’est à quel point le royaume de Wakanda lui-même est sous-utilisé, car l’histoire n’offre pas assez d’espace pour se plonger dans les méandres d’un royaume sans tête. C’est d’autant plus dommage de faire ce constat quand on sait que Black Panther : Wakanda Forever offre une vitrine de rêve – presque documentaire – à une autre culture, celle du prince Namor.

Car oui, le gros point positif du film est sans aucun doute l’intégration de dernière minute de Namor (incarné par la force tranquille Tenoch Huerta absolument charismatique), l’un des premiers personnages des comics Marvel, qui a fait ses débuts lorsque l’éditeur était encore connu sous le nom de Timely Comics. Toute l’attention dont le Wakanda bénéficiait dans le premier film ici est transférée au royaume de Talokan, une nation sous-marine dont les habitants ont commencé à respirer sous l’eau il y a des centaines d’années, lorsque les conquérants espagnols ont fait irruption dans les zones contrôlées par les Mayas. Et son roi, le mutant Namor, souhaite lui aussi se défendre contre l’envahisseur et tente de protéger ce secret dans les abysses au large du Mexique. Mais il le fait d’une toute autre manière et le film pose alors le débat de la façon dont un État souverain doit réagir quand il se sent oppressé.

Changeant l’histoire originale sur papier glacé, puisque Namor est le roi de l’Atlantide dans les comics, l’adaptation cinématographique de ce personnage lui offre à lui et son peuple, dans chaque situation impliquant le peuple Talokan, des moments exceptionnels de bravoure et d’émotion. Cette culture entre en conflit direct avec le Wakanda pour des raisons purement matérielles. Et, bien sûr, la dualité qui se crée entre le Wakanda et Talokan devient un second fil rouge très captivant à suivre durant tout le second acte du film. Namor ne fait que ce qu’il croit devoir faire pour assurer la sécurité de Talocan, mais sa volonté de faire tout ce qui est nécessaire pour y parvenir l’amène dans des strates très sombres. On peut en dire autant de Shuri, dans une certaine mesure, ce qui rend la bataille inévitable entre les deux peuples, d’autant plus intense et tragique.




 

Entre les deux, plusieurs personnages du premier film sont totalement relégués au second plan, que ce soit l’agent Everett K. Ross joué par Martin Freeman dont l’arc sous-jacent est malheureusement sans aucun intérêt, ou M’Baku (Winston Duke), dont la touche d’humour le rend malgré tout très dispensable à l’histoire. Le film fait en revanche le choix de se concentrer sur les personnages féminins du Wakanda. Outre la reine Ramonda, qui porte sur ses épaules le poids des responsabilités, le retour de Nakia jouée par Lupita Nyong’o insuffle une nouvelle vie au film. Les missions conférées à ce personnage apportent un peu de relief supplémentaire à l’histoire, tout en abordant différemment la perte de T’Challa. La général Okoye (Danai Gurira) et ses Dora Milaje bénéficient quant à elle d’un temps d’écran suffisamment conséquent pour pouvoir à la fois briller dans des scènes d’action saisissantes mais aussi pouvoir livrer elles aussi des moments plus touchants, qui les font évoluer.

Bien que Black Panther : Wakanda Forever soit une histoire autonome à bien des égards, ses éléments moins réussis découlent de l’exigence désormais apparemment inévitable de jeter les bases de la suite du MCU. L’ajout de notre future Ironheart ne semble pas trop incohérent car Riri Williams fait partie intégrante de l’intrigue, mais ses scènes semblent toujours un peu en contradiction avec le reste du film. Une autre intrigue secondaire – dans laquelle nous n’entrerons pas dans le détail – est pour le coup vraiment une commande mandatée du studiopour… eh bien, vous le saurez bien assez tôt ! C’est dommage, car il s’agit d’un long film, et bien qu’une bonne partie de sa durée de 2 heures et 40 minutes soit justifiée, couper certaines scènes n’aurait vraiment pas nui à l’histoire et sans doute permis à l’expérience de se bonifier. Mais il s’agit là de pinaillages lorsqu’on voit à quel point le film a été fait avec sincérité.




Black Panther : Wakanda Forever mêle l’intimiste au spectacle

La patte de Ryan Coogler se fait sentir tout le long mais prend tout son sens au moment du troisième acte de ce film, qui surpasse à bien des égards celui du premier opus. La promesse épique anticipée depuis le début qui voit s’affronter plusieurs clans et l’entremêlement de plusieurs fils narratifs perdent de leur gagnent en force au fur et à mesure que l’accent est mis sur la résurgence du Black Panther. Et même si le processus de sacralisation du nouveau super-héros n’a pas la consistance à laquelle nous sommes en droit de nous attendre, nous assistons malgré tout à la naissance d’autre chose dans le MCU et rien que pour cette fraîcheur, le résultat est à saluer.

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Si le fond du scénario amène réflexion et nuances dans le propos, la forme reste assez classique. Nous irons même jusqu’à dire que la direction artistique se veut réconforante et rassurante pour un fan de l’univers cinématographique Marvel, tant les dernières années – et en particulier l’intégralité de la phase IV – ont été l’occasion pour de nombreux cinéaste d’explorer des genres et des formats très iconoclastes dans les films mais aussi les séries de cette grande saga super-héroïque (et avec plus ou moins de réussite à l’arrivée, il faut bien le dire – coucou Black Widow, Thor : Love and Thunder et She-Hulk : Avocate). Le réalisateur de Black Panther : Wakanda Forever choisit une mise en scène sobre mais propre, rappelant par moments combien une direction artistique simple mais aboutie, peut s’avérer efficace en 2 heures et quarante minutes. Malgré tout, Ryan Coogler décide d’apporter à sa recette quelques touches audacieuses, toujours bien senties.

La plupart des séquences d’action de Marvel Studios sont souvent bien construites (ce sont les effets visuels qui posent le plus souvent débat). Mais pour le coup, Black Panther : Wakanda Forever propose vraiment des scènes palpitantes. Une rencontre féroce entre Okoye et certains guerriers de Talocan sur un pont après une poursuite en voiture est sans aucun doute l’une des scènes les mieux écrites du film, tout comme la confrontation brutale et quelque peu choquante entre Namor et notre nouveau Black Panther. Par ailleurs, les chorégraphies de combats semblent bien plus inspirées et réalistes dans ce second opus qu’elles ne l’étaient dans le premier. Il faut souligner aussi le soin apporté aux effets visuels, et notamment l’architecture du Wakanda ou le réalisme de Talokan, que ce soit dans la manière dont l’eau agit sur les êtres et l’environnement, ou les lois de la physique (pression, lumière etc.) qui rendent l’ensemble très impressionnant et mystérieux.

Enfin, le mixage sonore du film se démarque, tant il offre une évasion supplémentaire au spectateur. Le tout est sublimé par la musique orchestrale de Ludwig Göransson, qui renouvelle sa collaboration avec Ryan Coogler. Si le thème principal de Black Panther est bien présent, le compositeur se laisse davantage aller à une prise de liberté créative, mêlant des sons traditionnels africains à des ambiances plus modernes, notamment pour présenter Talocan. En plus des partitions du musicien, le film contient 19 chansons interprétées par des artistes de la scène africaine et urbaine américaine. Les chansons et les partitions ne font qu’un. Au cours du film, le public entendra plus de 250 musiciens, deux orchestres, deux chœurs et plus de 40 chanteurs. L’histoire étant inspirée à la fois des cultures nigériane et mésoaméricaine, on retrouve dans les musiques et les chansons différents styles. Ryan Coogler a été intimement impliqué dans la création de la musique du film, de la co-écriture des paroles du morceau émouvant de Rihanna « Lift Me Up » à la suggestion de la reprise de « No Woman, No Cry » de Bob Marley interprétée par la chanteuse et compositrice nigérianne Tems et combiné avec « Alright » de Kendrick Lamar pour la bande-annonce instantanément virale du film. Les producteurs ont travaillé avec des artistes populaires de Lagos, dont Tems, qui est devenu un foyer d’innovation musicale. De plus, des rappeurs et artistes émergents de Mexico sont présentés sur la bande originale, notamment le rappeur Pat Boy, qui rappe entièrement en maya. Pendant son séjour à Mexico, Ludwig Göransson a travaillé en étroite collaboration avec l’archéologue musical Alejandro Rojas pour explorer et rechercher la musique maya. Des instruments originaires des cultures nigérianes et mésoaméricaines ont été utilisés dans la création du paysage sonore.

Ryan Coogler dresse le portrait de super-héros avec une expertise assez originale, des drames familiaux poignants et des débats politiques pertinents, et le résultat offre sans mal le meilleur épisode de la phase IV de l’univers cinématograhique Marvel et sans aucun doute l’un des films Marvel Studios les plus émouvants et intéressants à suivre. Black Panther : Wakanda Forever est la meilleure suite que nous aurions pu espérer sans Chadwick Boseman. Le studio de la Maison des Idées a construit un film monumental à la fois respectueux, mature dans ses propos et magnifique dans la manière de rendre hommage au roi T’Challa, dont l’héritage est entre les mains sûres d’une(e) digne successeur.

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