Alors que The Walt Disney Company traverse une période de transformation, avec des défis persistants dans le streaming et les parcs à thèmes, le conseil d’administration accélère le processus de succession au poste de directeur général. Bob Iger, revenu aux commandes en 2022 pour redresser la barre après le mandat controversé de Bob Chapek, cédera sa place d’ici fin 2026. L’annonce de son successeur, attendue au début de l’année prochaine, marque un tournant pour l’empire du divertissement. Cette transition, minutieusement orchestrée, vise à assurer une continuité stratégique tout en injectant de nouvelles idées pour affronter un marché en mutation.
Un calendrier précis pour éviter les turbulences passées
Le conseil d’administration de Disney a fixé un horizon clair : le nom du prochain PDG sera révélé au début de 2026, permettant une passation de pouvoir fluide avant l’expiration du contrat d’Iger, le 31 décembre 2026. Cette annonce, initialement faite en octobre 2024, a été réaffirmée récemment, soulignant l’engagement du board à éviter les erreurs du passé. Rappelons que la nomination précipitée de Chapek en 2020 avait conduit à des tensions internes et à son éviction deux ans plus tard.

James Gorman, ancien PDG de Morgan Stanley et expert en planification de successions, a été nommé président du conseil d’administration à compter du 2 janvier 2025, succédant à Mark Parker. Gorman, qui préside déjà le comité de succession depuis août 2024, apporte une expertise financière et une vision extérieure précieuse. « La priorité absolue est de nommer un nouveau PDG, ce que nous anticipons au début de 2026 », a-t-il déclaré dans un communiqué, insistant sur le temps nécessaire pour une transition sans accroc. Ce calendrier coïncide avec des événements clés comme D23 : The Ultimate Disney Fan Event en août 2026, où le nouveau dirigeant pourrait faire ses premiers pas publics.
Le processus implique des entretiens formels avec les candidats, des évaluations approfondies et une analyse des performances internes. Disney, qui a déjà étendu le contrat d’Iger une fois depuis son retour, mise sur cette préparation pour stabiliser l’entreprise face à des investisseurs exigeants.
Les candidats en lice : un quatuor interne aux profils contrastés
La recherche se concentre sur des talents maison, évitant les recrutements externes qui pourraient perturber la culture d’entreprise. Quatre noms émergent comme favoris, chacun représentant un pilier de Disney :
- Josh D’Amaro, président de Disney Experiences, supervise les parcs à thèmes, les croisières et les produits dérivés. Ancien cadre des parcs, il a géré la reprise post-pandémie et piloté des expansions ambitieuses, comme les zones thématiques Avatar, Villains Land ou Le Roi Lion. Sa popularité auprès des fans et son charisme en font un frontrunner, capable de perpétuer l’héritage immersif de Disney.
- Dana Walden, co-présidente de Disney Entertainment, dirige la production télévisuelle et le streaming. Ses liens avec Hollywood et ses relations politiques – notamment avec la vice-présidente Kamala Harris – lui confèrent un réseau influent, mais ont suscité des interrogations sur une potentielle politisation de l’entreprise.
- Alan Bergman, son binôme chez Disney Entertainment, se concentre sur le cinéma. Moins exposé médiatiquement, il est reconnu pour sa gestion des studios, ayant supervisé des succès comme les films Marvel ou Pixar. Son profil discret pourrait plaire à un board cherchant la stabilité.
- Jimmy Pitaro, à la tête d’ESPN, gère le secteur sports, incluant les droits de diffusion et les paris en ligne. Dans un contexte où le sport reste un atout rentable pour Disney, son expertise pourrait peser si l’entreprise priorise la diversification.
Ces profils reflètent les priorités de Disney : équilibrer créativité, innovation technologique et rentabilité. Iger, obsédé par la quête d’un successeur idéal, a déclaré en août 2024 être « totalement concentré » sur cette mission, tirant les leçons de l’épisode Chapek.
Les enjeux d’une transition dans un contexte incertain
Cette succession intervient alors que Disney affronte des vents contraires. Le streaming, avec Disney+, peine à atteindre la rentabilité promise, tandis que les parcs à thèmes absorbent d’importants investissements pour contrer la concurrence d’Universal. Politiquement, l’entreprise navigue entre controverses, comme les tensions récentes avec la Floride sur des questions sociétales, ses positionnements idéologiques et des opportunités, telles que les partenariats sportifs.
Le choix du PDG influencera ces domaines. Un leader comme D’Amaro pourrait accentuer les expériences physiques, boostant les revenus des parcs qui représentent près de 40 % du chiffre d’affaires. À l’inverse, Walden ou Bergman pourraient renforcer le contenu, crucial pour retenir les abonnés streaming. Gorman, avec son bagage financier, veillera à ce que le successeur aligne vision créative et objectifs boursiers – Disney ayant vu son action chuter de plus de 50 % depuis son pic de 2021.
Des spéculations circulent sur les réseaux, comme une possible implication de Kevin Feige de Marvel dans des annonces connexes, mais rien n’indique un lien direct avec la succession. Le directoire, conscient des risques, a mandaté des cabinets externes pour assister le comité, garantissant une évaluation objective.
Vers un nouveau chapitre pour l’empire du divertissement
À quelques mois de l’annonce, l’attention se porte sur la capacité de Disney à innover tout en préservant son ADN. Iger, figure emblématique depuis deux décennies, laisse un legs important mais mitigé (un premier mandat doré et un second en dents de scie) : des acquisitions phares comme Pixar, Marvel et Lucasfilm, mais aussi des critiques sur la gestion récente. Son successeur devra relancer la croissance, peut-être via des alliances stratégiques ou une refonte du modèle économique.
Pour les actionnaires et les fans, cette période de transition est cruciale. Disney, valorisé à plus de 150 milliards de dollars, doit démontrer sa résilience. Les prochaines semaines pourraient voir émerger des indices supplémentaires, mais pour l’heure, le suspense reste entier. Les investisseurs suivront de près les résultats trimestriels à venir, qui pourraient influencer les délibérations finales.


