Le 5 février 2026, de nouvelles informations sur le développement de Pirates des Caraïbes 6 ont émergé, confirmant que Disney poursuit activement un « soft reboot » de sa franchise lucrative. Selon un rapport du blogueur Jeff Sneider, le projet, encore en phase préliminaire, vise à mêler éléments d’héritage et modernité, avec un budget maîtrisé. Ce film, qui n’a pas encore reçu de feu vert définitif, est présenté comme une priorité pour la nouvelle direction de The Walt Disney Company, emmenée par le directeur général Josh D’Amaro et la présidente et directrice de la création Dana Walden.
Un script en construction avec Krysty Wilson-Cairns
Le scénario est confié à Krysty Wilson-Cairns, nominée aux Oscars pour son travail sur 1917 (2019) de Sam Mendes. Selon Sneider, l’histoire pivoterait autour du fils de Jack Sparrow, introduisant un lien direct avec le personnage iconique incarné par Johnny Depp dans les cinq opus précédents. Une nouvelle protagoniste, jouée par Margot Robbie – longtemps associée à un spin-off féminin, viendrait enrichir cet arc narratif. L’objectif affiché est de retrouver le ton des films originaux, inaugurés en 2003 avec La Malédiction du Black Pearl, tout en y insufflant une touche contemporaine et en contenant les coûts de production.

Ce mélange d’idées reflète les hésitations passées de Disney. Depuis 2020, plusieurs pistes ont été explorées : un reboot pur avec Robbie en tête d’affiche (bien que laissé de côté depuis), un retour de Johnny Depp malgré les controverses judiciaires et les relations froides entre l’artiste et Disney, ou même des scénarios impliquant d’autres stars comme Karen Gillan ou Ayo Edebiri. Depuis, le producteur phare de la franchise, Jerry Bruckheimer, qui affirme toujours plancher sur deux scripts différents, offre quelques nouvelles aux fans à peu près chaque année, sans que Disney ne lui donne le feu vert pour autant. Le producteur espère non seulement faire revenir des visages familiers de la franchise dans l’un des deux prochains films (le plus avancé des deux disons) mais aussi et surtout la star de la saga, Johnny Depp. Le choix actuel semble un compromis, visant à capitaliser sur l’héritage de Jack Sparrow sans forcément le placer au premier plan. Aucune réalisatrice ou réalisateur n’est encore attaché au projet. Cela pourrait donc encore prendre des années…
Priorité stratégique pour D’Amaro et Walden
Sous la houlette de D’Amaro et Walden, fraîchement nommés, Pirates des Caraïbes 6 s’inscrit dans une stratégie plus large de Disney pour revitaliser ses franchises phares. D’Amaro, issu des parcs à thèmes, et Walden, experte en contenus à fort potentiel, mettent l’accent sur des productions originales attractives pour un public jeune, sans négliger les sagas établies. Le « soft reboot » de la saga Pirates des Caraïbes, avec ses cinq films cumulant plus de 4,5 milliards de dollars au box-office mondial, représente un atout financier évident. Pourtant, le contrôle budgétaire est primordial : les coûts exorbitants des derniers opus, comme La Vengeance de Salazar (2017), ont marqué les esprits, poussant Disney à une approche plus frugale.
Par ailleurs, si le fils de Jack Sparrow pourrait occuper une place centrale, la présence de Depp lui-même reste incertaine. L’acteur, dont le rôle a défini la saga, exigerait forcément un cachet substantiel, incompatible avec les contraintes budgétaires évoquées. Ou devrait-il faire des concessions. Depp, qui a publiquement déclaré en 2022 ne plus vouloir collaborer avec Disney suite à son éviction en 2018 liée à des allégations d’abus (dont il a été blanchi en justice), pourrait ainsi être absent. Cette absence poserait toutefois un défi marketing : promouvoir un film autour de l’héritage de Sparrow sans son interprète original risque de diviser les fans et virerait de toute façon indéniablement au fiasco médiatique et Disney n’a plus besoin de ça après les innombrables polémiques autour de productions comme Blanche Neige, The Marvels, Gagné ou Perdu ou encore TRON : Ares.
Équilibre entre héritage et renouveau : un pari risqué
Tout ceci interroge nécessairement la pertinence d’un tel ancrage dans l’héritage d’une saga qu’il serait peut-être bon de laisser de côté. Jack Sparrow, avec son excentricité signature, a été le visage de la franchise depuis ses débuts, mais les opus ultérieurs ont montré une lassitude du public face à ses tics répétés, des mises en scène perfectibles et des histoires manquant de complexité. Introduire son fils pourrait générer du buzz auprès des spectateurs occasionnels, en jouant sur la filiation narrative. Cependant, cela menacerait aussi d’éclipser d’autres personnages comme celui de Margot Robbie, pourtant capable de porter un blockbuster seule, comme l’a prouvé Barbie (2023), malgré des échecs comme A Big Bold Beautiful Journey (2025).

De nombreuses franchises, de Star Wars à Marvel, ont peiné à se détacher de leurs éléments patrimoniaux, souvent au détriment de la fraîcheur. Un reboot centré sur Robbie offrirait un vrai nouveau départ, évitant les pièges d’une nostalgie forcée. Disney, conscient de ces écueils, pourrait ajuster le script pour équilibrer les forces : un traitement délicat des liens familiaux, sans submerger la nouveauté.
Perspectives pour une saga en mutation
Rien n’est gravé dans le marbre pour Pirates des Caraïbes 6. Le projet, toujours en développement précoce, pourrait évoluer sous l’impulsion de Wilson-Cairns. Si Disney parvient à fusionner habilement passé et présent, ce film pourrait relancer une série en sommeil depuis neuf ans. Il serait aussi salutaire que le film puisse permettre au personnage de Jack Sparrow de faire ses adieux dignement à la franchise. Sinon, il risque de s’échouer sur les récifs d’une formule usée. Les fans attendent des annonces officielles, peut-être lors de la D23, pour clarifier ces eaux troubles.
