Le PDG de Disney, Bob Iger, a été nommé l’une des personnalités les plus influentes de l’année par TIME Magazine. Il a accordé pour l’occasion un long entretien à la revue, partageant ses conseils et faisant quelques commentaires sur l’entreprise et son histoire, ainsi que sur les situations liées à l’actualité.
Bob Iger se confie à l’occasion du classement TIME 100
Dans le cadre de l’opération annuelle TIME100, le PDG de Disney, Bob Iger, a été sélectionné pour faire partie de la couverture spéciale du magazine emblématique, étant nommé l’une des personnalités les plus influentes de TIME en 2023. Âgé de 72 ans, « Bobby » a dirigé l’entreprise pendant 15 ans avant de la transmettre à son successeur trié sur le volet, Bob Chapek, qui lui-même a été démis de ses fonctions après moins de trois ans à ce poste. Bob Iger a ensuite été invité à revenir au poste de PDG et a partagé avec le magazine un aperçu des coulisses de son retour, ainsi que des conseils de sa femme et d’un ami décédé.
One of my favorite issues each year: the @TIME 100 – featuring the 100 most influential people in the world. Four covers – Michael B. Jordan, Jennifer Coolidge, Bob Iger and Doja Cat – beautifully photographed by @paolakudacki Learn more about the 100 at https://t.co/uXj8v9JQSB pic.twitter.com/wXd1FhFdJ1
— D.W. Pine (@dwpine) April 13, 2023
Bob Iger a déclaré à TIME qu’il était « très, très surpris » de se retrouver dans ce rôle, à la tête de The Walt Disney Company. « Ce n’est pas quelque chose que j’avais prévu de faire. Mais je suis certainement heureux d’être ici. » Dans l’entretien, il explique également qu’il s’est inspiré d’un autre PDG avec lequel il était proche, le regretté fondateur d’Apple, Steve Jobs, en disant : « En parlant avec lui quand je l’ai fait et en réfléchissant à ses expériences, j’ai appris beaucoup. Premièrement, lorsque vous êtes ramené et que vous acceptez de revenir, vous devez le faire avec un enthousiasme incroyable, et pas une once d’hésitation. Et puis vous devez savoir très rapidement ce que vous êtes censé accomplir et ce que vous pouvez accomplir. Et puis allez-y avec une résolution incroyable, un zèle incroyable et une énergie incroyable. »
Concernant ce retour surprise et l’appel téléphonique qui a tout enclenché, Bob Iger ajoute : « J’étais absent depuis environ un an, 11 mois. La présidente du conseil d’administration de Disney m’a appelé. Quand j’ai parlé à [ma femme Willow Bay] de l’appel, elle a immédiatement demandé de quoi il s’agissait. Je pense qu’elle a en fait dit : ‘Ils ne vous demanderont probablement pas de revenir.’ Et j’ai dit : ‘Eh bien, et s’ils le faisaient ?’ Et elle a immédiatement répondu: ‘Oui’. J’ai un tel respect pour son instinct, que lorsque l’appel est venu et que la présidente de notre conseil d’administration m’a demandé de revenir, j’ai répondu oui sans aucune hésitation. Il y a certaines choses que j’ai ressenti qui ont créé ce besoin de revenir. Mais c’était une décision rapide. »
Juste avant le retour de Iger, la Walt Disney Company était attaquée par Nelson Peltz et sa société, Trian, lançant une bataille par procuration pour faire entrer ce dernier au conseil d’administration du géant des médias, car il affirmait que la société était mal gérée et l’était depuis l’acquisition de la Fox en 2019. Un acteur clé de cet événement était Ike Perlmutter, président de Marvel, qui a vendu la maison d’éditions à Disney en 2009. Récemment, la position de Perlmutter au sein de la Walt Disney Company a été supprimée dans le cadre des mesures de réduction des coûts adoptées par Iger. Ironiquement, des coupes qui ont obligé Peltz à lever le drapeau blanc et à mettre fin à son offre par procuration. Lorsqu’on lui a demandé si cela avait joué dans le licenciement de Ike Perlmutter, Iger a déclaré : « C’était une étape nécessaire dans le sens de la création d’une entreprise plus efficace. Il y avait une redondance spécifique à la façon dont Marvel était gérée… Cette décision aurait été prise malgré cela. »
Bob Iger a également fait des commentaires lorsqu’on lui a demandé comment une entreprise comme Disney résistait à l’épreuve du temps (en laissant entendre que l’ère Chapek a peut-être abîmé l’image de la firme mais aucun nom n’a été mentionné dans ce passage de l’entretien) : « Je pense en fait que si vous étudiez de grandes entreprises au fil du temps et que vous essayez de comprendre pourquoi certaines entreprises résistent à l’épreuve du temps et d’autres non, vous en concluriez rapidement que la plupart des entreprises disparaissent parce qu’elles ont abandonné les valeurs fondamentales qui ont créé l’entreprise en premier lieu. Que, dans l’intérêt de rester pertinents, elles s’éloignent de l’essence de ce qu’elles étaient. Il existe un moyen d’adhérer complètement à ces mêmes valeurs, mais de les présenter au monde à vos clients et à vos employés de manière beaucoup plus pertinente. Dans cette même veine, il a déclaré que c’est ce que recherchent les jeunes téléspectateurs sportifs. Une décision également prise juste avant le retour de Bob Iger en novembre 2022.
TIME a relevé le manque d’enthousiasme de Bob Iger pour le sujet, avant que celui-ci n’ajoute : « J’étais probablement du côté le plus conservateur à ce sujet pendant longtemps. Mais j’ai changé parce que je pense que l’acceptation des paris sportifs a considérablement augmenté. Et mon souhait est de voir que l’entreprise continue à bien servir ses consommateurs, sans vraiment, je pense, nous éloigner des valeurs, car ce n’est pas nous qui faisons les paris. »
L’interview aborde également le combat actuel de Disney avec le gouverneur de l’État de Floride, Ron DeSantis, alors qu’il tente de supprimer les pouvoirs du géant du divertissement sur ce territoire clef économiquement via le district d’amélioration de Reedy Creek supervisant toute la zone de Walt Disney World Resort. Bob Iger a pris de nouveau une position ferme à ce sujet en déclarant : « Transformer les marécages du centre de la Floride en une entreprise qui emploie plus de 75 000 personnes, qui est visitée par des dizaines de millions de personnes chaque année, c’est-à-dire une destination touristique majeure aux États-Unis et pour l’État de Floride, qui crée une valeur énorme pour notre entreprise et ses employés, ainsi que pour l’État de Floride lui-même. Notre seul objectif en Floride est de continuer à créer cette valeur pour toutes ces circonscriptions. Tout ce que nous voulons, c’est une relation avec l’État qui nous permette de continuer à le faire. Nous avons les moyens et nous avons le désir de continuer à investir là-bas pour faire grandir cette entreprise afin de pouvoir embaucher plus de personnes afin d’augmenter notre fréquentation, et pour que nous puissions essentiellement augmenter la valeur pour la Walt Disney Company et pour l’État de Floride. C’est si simple. » Effectivement, expliqué comme cela, cela paraît assez simple mais la réalité est évidemment plus complexe que ça. Le PDG indiqué qu’il serait « heureux » de rencontrer le gouverneur afin de trouver un terrain d’entente.
Quant à son remplaçant cette fois-ci ? « Compte tenu des événements des deux dernières années, ce n’est pas seulement une priorité, mais cela demandera plus de temps, plus d’attention qu’auparavant », nous explique Bob Iger. « Nous avons toujours considéré cela comme une décision importante. Mais étant donné que je ne suis pas là pour toujours et que nous avons eu quelques difficultés ces dernières années, cela attire plus l’attention que par le passé. »
Vous pouvez lire l’interview complète avec TIME en version imprimée et en ligne.
