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Courtoisie de Disney

Disney fait machine arrière pour son remake d’Hercule

Dans le paysage des adaptations en prises de vues réelles de Disney, où les remakes oscillent entre fidélité nostalgique et audaces narratives, le projet Hercule connaît un virage discret mais significatif. Selon les dernières révélations de Skyler Shuler, figure incontournable des initiés du Disney hollywoodien via The DisInsider, le film abandonne l’idée d’une narration centrée sur Hadès pour opter vers une transposition plus proche de l’animation originale de 1997. Ce revirement, influencé par le triomphe inattendu du remake de Lilo & Stitch, place le scénario en phase de réécriture, reléguant toute annonce majeure à l’horizon de la D23 2026. À l’heure où Disney affine sa stratégie, ce choix reflète une prudence bienvenue face aux réactions mitigées des fans, tout en soulignant les enjeux d’une franchise mythologique qui mérite plus qu’une simple transposition.

Hercule, le demi-dieu qui a conquis les années 90

Sorti dans les salles américaines le 27 juin 1997 et dans l’Hexagone le 26 novembre de la même année, Hercule reste l’un des joyaux sous-estimés de la Renaissance Disney. Réalisé par Ron Clements et John Musker – le duo derrière La Petite Sirène et Aladdin, ce long-métrage animé a récolté 252,7 millions de dollars au box-office mondial pour un budget de 85 millions, prouvant son attrait durable malgré une réception critique tiède à l’époque (84 % sur Rotten Tomatoes aujourd’hui). L’histoire suit Hercule (incarné vocalement en version originale par Tate Donovan), demi-dieu élevé parmi les mortels après un enlèvement orchestré par son oncle Hadès (James Woods, dans un rôle iconique de vilain charismatique), qui complote pour renverser Zeus. Accompagné de Philoctète (Danny DeVito), d’un cheval ailé nommé Pégase et de la muse Mégara (Susan Egan), Hercule entreprend une quête héroïque pour reconquérir sa place sur l’Olympe.

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Courtoisie de Buena Vista Pictures / Everett Collection

Ce qui distingue Hercule, c’est sa fusion irrévérencieuse de mythologie grecque et d’humour anachronique : des Muses gospel (avec des chansons comme « Zero to Hero ») aux Titans libérés dans un final apocalyptique, le film transforme un conte antique en comédie musicale pétillante. Bien que sous-performant face à d’autres hits de la décennie enchantée, il a généré un univers étendu – une série animée, des jeux vidéo, et même des comédies musicales à New York, Londres ou sur un paquebot – et reste un pilier de la nostalgie Disney pour une génération marquée par ses tubes entraînants.

Rumeurs et revirements : l’ombre d’Hadès sur le projet

L’annonce du remake live-action remonte à 2020, avec les frères Russo (Joe et Anthony, travaillant actuellement à la réalisation d’Avengers : Doomsday et Avengers : Secret Wars) aux manettes de la production via AGBO. Dave Callaham, scénariste de Shang-Chi et la Légende des Dix Anneaux, avait pondu un premier script fidèle à l’original, tandis que Guy Ritchie (derrière le remake d’Aladdin) était pressenti pour la réalisation – un choix qui promettait un ton dynamique, teinté de son style british punchy. Mais en novembre 2024, des rumeurs ont secoué les fans : le film pourrait basculer vers une perspective centrée sur Hadès, explorant son passé commun avec Zeus, son rôle dans les Enfers et sa relation avec Mégara. Certains spéculaient même un titre alternatif, Hades, pour ancrer ce twist centré sur le méchant de l’histoire. On a également appris que Guy Ritchie aurait lâché la réalisation du projet.

Ce pivot, potentiellement inspiré des succès comme les deux films Wicked (qui humanise une sorcière), visait à combler un vide narratif du film original : pourquoi Hadès, frère de Zeus, nourrit-il une telle rancune ? C’est d’ailleurs cette même réflexion qui a permis d’engendrer le film Mufasa : Le Roi Lion, centré sur la relation fraternelle entre le papa de Simba et Scar. Il aurait permis d’approfondir les Moires, les Titans et les motivations du seigneur des Enfers, rendant le récit plus nuancé. Pourtant, ces fuites ont suscité un tollé : les puristes craignaient une dilution de l’arc héroïque d’Hercule, tandis que les critiques y voyaient un risque de « villain washing » malvenu, à l’image des débats autour de Maléfique. Disney a sûrement pris ce virage à une époque où les méchants avaient plus que le vent en poupes que ce soit dans les livres (Twisted Tales & cie) ou au cinéma (succès de Maléfique, Cruella, Maléfique : Le Pouvoir du Mal).

L’influence de Lilo & Stitch a changé la donne

Le catalyseur de ce changement ? Le triomphe du remake Lilo & Stitch, sorti en mai 2025 et qui a amassé plus d’un milliard de dollars mondiaux. Contrairement à des adaptations comme Le Roi Lion (2019), qui optait pour un photoréalisme distant, Lilo & Stitch (2025) a su capturer l’essence émotionnelle de l’original – l’esprit aloha, les thèmes familiaux – tout en intégrant des mises à jour modernes mineures.

Skyler Shuler, dans un entretien récent sur The DisInsider, l’explique sans détour : « D’après les dernières informations que j’ai eues concernant le projet, ils [Walt Disney Studios] s’éloignent de l’histoire centrée sur Hadès pour proposer une adaptation plus fidèle du dessin animé original (merci au succès de Lilo & Stitch pour cela), ce qui a mis le projet en suspens le temps que le scénario soit réécrit. On n’aura probablement pas de nouvelles de ce projet avant la D23 l’année prochaine. » Ce témoignage confirme que Disney, échaudé par les réactions mitigées, privilégie la sécurité : un remake qui respecte la structure narrative – enlèvement, entraînement avec Phil, romance avec Mégara, confrontation finale – sans risquer d’aliéner sa base fidèle. Les retours sur l’adaptation scénique du film animé en Allemagne et au Royaume-Uni ont sûrement pesé dans la balance également.

En suspens jusqu’à la D23 : perspectives pour un Olympe en attente

Absence remarquée à la D23 2024, Hercule semble en pause créative, le scénario en révision pour aligner cette fidélité sans sacrifier l’innovation. Guy Ritchie reste officiellement attaché au projet, et les Russo, en pleine ère Avengers, pourraient injecter leur patte comique pour moderniser les dialogues sans altérer l’esprit. Concernant la distribution, rien n’est encore officialisé : des rumeurs persistantes placent Taron Egerton en Hercule et Ariana Grande en Mégara, mais Disney garde le silence.

Ce revirement illustre un tournant stratégique chez Disney. Après les échecs relatifs de Pinocchio (2022) et Peter Pan & Wendy (2023) sur Disney+ et Blanche Neige (2024), accusés de wokisme, la réussite mesurée de La Petite Sirène (2023) et les succès de Cruella, Mufasa : Le Roi Lion ou encore Lilo & Stitch, la maison de la souris opte pour une hybridité mesurée : respecter l’ADN original tout en corrigeant les angles morts (représentation des Muses, par exemple). Pour Hercule, cela signifie préserver l’humour espiègle de James Woods – que le remake pourrait recaster avec un acteur phare – et les chorégraphies gospel, potentiellement boostées par des numéros live spectaculaires.

En somme, ce retour aux sources n’est pas une régression, mais une maturation. Alors que le projet somnole jusqu’à 2026, les fans d’Hercule – et du Disney classique – peuvent espérer un remake qui, comme son héros, triomphe par sa force brute et son cœur généreux. L’Olympe attend son heure ; patience, le zéro à héros n’est jamais linéaire.



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