Le 11 juin 2025, l’équipe d’Elio, le nouveau film d’animation Pixar attendu en salles le 20 juin, s’est réunie à l’El Capitan Theatre à Los Angeles pour une conférence de presse suivant une projection en avant-première. Réalisé par Domee Shi (Alerte Rouge), Madeline Sharafian (Mon Terrier) et Adrian Molina (COCO), Elio raconte l’histoire d’un garçon de 11 ans, Elio Solis, un rêveur passionné d’extraterrestres, qui se retrouve par erreur propulsé dans le Communiverse, une organisation intergalactique où il est pris pour l’ambassadeur de la Terre. À travers les témoignages des réalisateurs, de la productrice Mary Alice Drumm, du compositeur Rob Simonsen, du chef décorateur Harley Jessup, de la superviseure des effets visuels Claudia Chung-Sani et de l’acteur principal Yonas Kibreab, ce récapitulatif explore en profondeur les ambitions narratives, visuelles et émotionnelles du 29e long-métrage des studios Pixar.
Une genèse collaborative et personnelle
L’idée d’Elio est née d’Adrian Molina, qui a puisé dans son enfance pour créer ce personnage d’enfant décalé. « J’étais un gamin artistique dans un monde militaire, sur une base où je ne me sentais pas à ma place », a-t-il partagé dans une interview avec The Nerds of Color en mai 2025. Cette sensation d’être un « étranger » a inspiré l’histoire d’Elio, un garçon qui rêve d’un ailleurs où il pourrait être compris. Adrian Molina, initialement prévu pour réaliser le film, a dû se retirer en janvier 2024 pour se consacrer à COCO 2, laissant la direction à Domee Shi et Madeline Sharafian. « Adrian nous a confié son bébé, et c’était à la fois intimidant et excitant », a confié Madeline Sharafian lors de la conférence de presse. « On partageait une sensibilité commune, et j’ai appris à faire confiance à mon instinct pour rester fidèle à sa vision tout en y ajoutant ma touche. »

Domee Shi, quant à elle, a révélé avoir trouvé sa connexion au projet grâce à l’idée centrale de solitude. « Madeline m’a présenté Elio comme un garçon seul qui rêve d’être enlevé par des aliens pour trouver sa place. Ça m’a tout de suite parlé », a-t-elle expliqué. Domee Shi, qui n’avait jamais travaillé sur un film de science-fiction, a vu dans Elio une opportunité de jouer dans un « nouveau bac à sable », s’inspirant de classiques comme Rencontres du Troisième Type ou The Thing. « On a voulu rendre hommage à la science-fiction, mais avec une touche d’humour et de cœur propre à Pixar », a-t-elle ajouté, citant une intrigue secondaire où un clone d’Elio, envoyé sur Terre, crée des tensions avec sa tante Olga, jouée par Zoe Saldaña.

Mary Alice Drumm, productrice du film, a souligné la continuité du projet malgré les changements de direction. « Chez Pixar, les films évoluent constamment. Les blocs de construction d’Elio sont restés les mêmes, mais Domee et Madeline y ont insufflé leur âme », a-t-elle déclaré lors de la conférence. Cette collaboration a permis de transformer une idée personnelle en une histoire universelle sur la quête d’appartenance.
Yonas Kibreab : l’âme d’Elio
Le choix de Yonas Kibreab pour incarner en version américaine Elio a été un coup de maître. Âgé de onze ans au début du projet, l’acteur, aujourd’hui presque quinze ans, a grandi avec le personnage. « Yonas a une authenticité rare », a déclaré Domee Shi. « Lors de son premier essai, enregistré dans un placard, il a capturé l’essence d’Elio : curieux, sensible, mais aussi hilarant. » Madeline Sharafian a partagé une anecdote émouvante : pour une scène clé où Elio exprime sa vulnérabilité, Yonas s’est isolé pour se préparer émotionnellement. « Quand il est revenu, il a livré une performance qui nous a tous bouleversés. J’avais les larmes aux yeux », a-t-elle raconté.

Yonas Kibreab, présent à la conférence, a décrit son expérience avec humilité : « J’ai grandi avec Elio. Ce rôle m’a appris à accepter qui je suis, comme Elio le fait dans le film. » Interrogé sur le message du film, il a résumé : « Peu importe à quel point vous vous sentez différent, il y a un endroit pour vous quelque part. » Sa performance, saluée par les premières critiques, promet de faire de lui une étoile montante.
Un univers visuel éblouissant
L’esthétique d’Elio est l’un de ses points forts, grâce au travail du chef décorateur Harley Jessup et de la superviseure des effets visuels Claudia Chung-Sani. Jessup, vétéran de Pixar (Ratatouille, COCO), a conçu le Communiverse comme un « paradis visuel » pour Elio. « On voulait un monde qui donne envie de s’y perdre », a-t-il expliqué lors de la conférence. « Chaque alien est unique, avec des designs inspirés de l’anime, de la science-fiction rétro et même d’objets du quotidien. » Les premières réactions décrivent des environnements « vibrants » et « immersifs », où chaque détail, des textures aux couleurs, renforce l’émerveillement d’Elio.

Claudia Chung-Sani a détaillé les innovations techniques, notamment pour le personnage d’Oooooo, un superordinateur liquide. « Oooooo est notre premier personnage sans topologie fixe, créé à partir d’équations mathématiques pour un rendu fluide et organique », a-t-elle révélé. Cette technologie, basée sur des metaballs modernisés, a permis aux animateurs une flexibilité inédite, tout en intégrant des circuits lumineux dynamiques. « C’était comme sculpter de l’argile qui se peint toute seule », a-t-elle illustré.

Sharafian et Shi ont également influencé les choix visuels. « On adore les personnages ronds, exagérés et mignons », a confessé Sharafian. « Les aliens comme Glordon et Helix sont devenus plus chubbys au fil du temps, ce qui contraste avec les décors terrestres, plus austères, pour montrer qu’Elio se sent étranger sur Terre. » Shi a ajouté : « Les couleurs sur Terre sont ternes, presque militaires, tandis que le Communiverse explose de teintes audacieuses, comme un rêve éveillé. »
Une partition cosmique et intime
La musique, composée par Rob Simonsen (The Whale), joue un rôle clé dans l’émotion d’Elio. Pour son premier film d’animation, Simonsen a créé une bande-son qui évolue de l’intime au grandiose. « J’ai commencé avec des mélodies simples au piano pour capturer la solitude d’Elio, puis j’ai intégré des textures électroniques et orchestrales pour évoquer l’immensité du Communiverse », a-t-il expliqué lors de la conférence. Une de ses inspirations était l’idée d’un « signal envoyé dans l’espace qui trouve une réponse », reflétant le parcours d’Elio vers la connexion.

Simonsen a également partagé les défis de l’animation : « Le processus est long, avec des allers-retours constants. Mais ça m’a permis d’expérimenter des sons qui donnent l’impression d’un dialogue entre la Terre et les étoiles. » Les premières critiques saluent une partition « envoûtante » qui amplifie les moments d’émotion, comme la scène où Elio découvre le Voyager et son disque d’or, un hommage à l’humanité.
Une touche de science-fiction audacieuse
Elio se distingue par son approche ludique de la science-fiction, mêlant humour, tendresse et quelques touches d’étrangeté. Sharafian, fan de films comme The Thing, a poussé pour intégrer des éléments légèrement inquiétants, comme l’intrigue du clone d’Elio sur Terre. « On voulait jouer avec l’idée qu’Olga commence à se demander si son neveu est vraiment lui », a-t-elle révélé. « C’est une façon d’explorer la peur de perdre quelqu’un qu’on aime, tout en restant dans un cadre familial. »

Shi, de son côté, a été inspirée par Rencontres du Troisième Type pour capturer le mélange d’émerveillement et de mystère. « On voulait que le Communiverse soit une utopie, un endroit où Elio se sent enfin chez lui, mais avec une pointe d’étrangeté qui rappelle que c’est un monde inconnu », a-t-elle expliqué. Cette dualité se retrouve dans les personnages aliens, comme Glordon (Remy Edgerly), un prince au cœur tendre, ou l’Ambassadrice Questa (Jameela Jamil), à la fois autoritaire et bienveillante.
L’équipe d’Elio nous relate les défis d’une production mouvementée
La production d’Elio n’a pas été sans obstacles. Annoncé en 2022 à la D23 Expo avec une sortie initiale prévue pour 2024, le film a été retardé par les grèves hollywoodiennes et le départ de Molina. « C’était comme monter dans un train en marche », a admis Shi. Sharafian a ajouté : « On n’avait pas le temps de tout remettre en question. On a dû faire confiance à l’équipe et avancer. » Pete Docter et Andrew Stanton, figures emblématiques de Pixar, ont joué un rôle crucial en apportant des ajustements décisifs, comme l’ajout de figurines LEGO dans une scène clé pour renforcer l’émotion d’Elio.

Un autre changement notable, révélé par Sharafian et Shi, concerne le personnage d’Olga, passé de mère à tante d’Elio. « Une relation tante-neveu est plus fragile », a expliqué Shi. « Il y a un risque qu’ils se perdent pour de bon, ce qui rend leur reconnexion plus puissante. » Ce choix, combiné au remplacement d’America Ferrera par Zoe Saldaña pour des raisons d’agenda, a enrichi la dynamique familiale du film.
Elio, un message universel selon son équipe créative
Elio s’annonce comme un retour aux sources pour Pixar, mêlant l’émotion brute de Vice-Versa à l’aventure cosmique de Wall⸱E. « Ce film parle de ceux qui se sentent seuls, mais qui découvrent qu’en étant eux-mêmes, ils trouvent leur place », a résumé Sharafian lors de la conférence. Shi a ajouté : « Dans un monde divisé, Elio est un rappel qu’il y a toujours un endroit où l’on peut se sentir chez soi, même si c’est parmi les étoiles. »

Les premières projections ont suscité des éloges, décrivant Elio comme un « classique instantané » avec des visuels « époustouflants » et une histoire « universellement relatable ». Comme l’a conclu Yonas Kibreab :
« Elio parle aux étoiles, et elles lui répondent. J’espère que le film fera pareil pour le public. »
Elio sortira en salles le 18 juin 2025 et deux jours plus tard outre-Atlantique. Avec son mélange d’humour, d’émotion et d’innovation, il promet de marquer les esprits et de rappeler pourquoi Pixar reste un maître du récit animé.
