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Richard Williams, créateur de Roger Rabbit, est mort

Richard Williams, célèbre animateur sur les films cultes Qui Veut la Peau de Roger Rabbit ? et Le Retour de la Panthère Rose, est décédé à l’âge de 86 ans. Sa famille a annoncé sa mort via le quotidien britannique The Guardian : « Le triple gagnant aux Oscars ainsi qu’aux BAFTA, âgé de 86 ans, né à Toronto au Canada et a fait sa vie en Grande-Bretagne à partir des années 1950, est décédé à sa maison de Bristol ce vendredi, vient d’annoncer sa famille ». Son film le plus connu reste évidemment celui de Roger Rabbit, sorti il y a plus de trente ans dans les salles de cinéma et qui a changé la façon dont Hollywood considère l’animation et le live-action. Le film continue d’influencer la culture pop aujourd’hui. Les techniques d’animation mises en œuvre par Richard Williams et son équipe sont toujours utilisées pour créer les personnages CGI que nous voyons pratiquement à chaque blockbuster de l’été.

Richard Williams, animateur d’un genre

Richard Williams était une légende de l’animation. L’octogénaire canadien se faisait de plus en plus rares, préférant la vie paisible de la retraite, ces dernières années. Emerveillé par Blanche Neige et les Sept Nains à l’âge de cinq ans, il n’a jamais cessé de vouer une admiration sans bornes pour l’animation et en a fait naturellement son métier. Après avoir fait ses classes auprès de grands artistes (Chuck Jones, Ken Harris, Milt Kahl et Art Babbitt) dans l’univers des cartoons dans les années 1950, il est remarqué à l’âge de 25 ans dès son premier film, The Little Island (1958), sorte d’allégorie philosophique sans paroles, dont les détails soignés et l’animation fluide et alerte lui valent de très nombreux prix. Il fonde alors son studio dans la capitale britannique et se met au service de la publicité comme le cinéma, réalisant notamment les génériques aux couleurs pop de Quoi de neuf Pussycat ? en 1965 et Casino Royale deux ans plus tard.

Richard Williams et 'Roger Rabbit' à Londres en 1989

En 1971, Richard Williams sort un nouveau film, A Christmas Carol qui décroche un Oscar. C’est en réalisant un spot publicitaire pour la marque Fanta qu’il est remarqué par Steven Spielberg et Robert Zemeckis. Les deux cadors l’embauchent au poste de directeur de l’animation sur le film Qui Veut la Peau de Roger Rabbit ?. Il devient en fait le second réalisateur du film depuis ses studios de Londres, la partie « live-action » étant dédiée à Zemeckis, l’autre dévolue à Williams. Le film remporte en 1989 quatre Oscars dont deux remis à Richard Williams, l’Oscar pour une contribution spéciale pour sa participation au film et l’Oscar des Meilleurs Effets Visuels. L’animation splendide et la création des personnages de Roger Rabbit ou encore Jessica Rabbit ont été supervisés par ce maître de l’animation, qui prêtera d’ailleurs sa voix à Droopy dans le cartoon Bobo Bidon qui est issu du long-métrage.

qui veut la peau de roger rabbit affiche francaise

Le maudit Le Voleur et le Cordonnier

Grâce au succès du film, il retravaille à nouveau sur un projet remisé, un film sur les Mille et Une Nuits, qui devait boulerverser l’industrie de l’animation, Le Voleur et le Cordonnier. ll s’agissait d’une épopée minutieusement animée à la main inspirée des Mille et Une Nuits et intitulée en version originale Thief and the Cobbler. Le projet a été lancé par Richard Williams en 1964 et initialement autofinancé. Ce long-métrage, qui se voulait essentiellement non verbal et s’adressait à un public adulte, a d’abord été considéré comme invendable. Après plus de vingt ans de travail, Williams n’avait terminé que vingt minutes du film et, après le succès critique de Qui Veut la Peau de Roger Rabbit ?, Williams chercha un contrat de financement avec Warner Bros. en 1988. Cependant, la production dépassa les délais et, en 1992, peu avant la fin de la production, The Completion Bond Company, qui avait assuré le financement du film via la Warner, craignait la concurrence du film de Disney, Aladdin, dont le thème était similaire et qui devait sortir en même temps, et a donc saisi le projet de Williams à Camden à Londres. Completion Bond a ensuite chargé l’animateur Fred Calvert de superviser le processus d’animation en Corée. De nouvelles scènes ont également été animées pour inclure plusieurs interludes musicaux. La version de Calvert a été distribuée à l’échelle internationale en 1993 sous le nom de The Princess and the Cobbler sans l’accord de Richard Williams manifestement.

le voleur et le cordonnier

Ironie du sort, c’est un label de Mickey, fraîchement acquis à l’époque, Miramax Films qui met la main sur les droits du projet, en le réécrivant complètement et et en remontant le film avec une narration en continu, ainsi que de nombreuses coupures dans de longues séquences. Le produit fini de Miramax, encore plus éloigné de la vision de Richard Williams, est sorti en 1995 sous le titre Arabian Knight. Pendant longtemps, Williams a préféré ne pas discuter du film en détail. Si depuis, les fans ont cherché à recoller les morceaux de ce film soit-disant égaré en offrant au monde entier une version digne de ce que Richard Williams avait imaginé, The Walt Disney Company se résigne elle à rendre hommage à l’héritage du réalisateur en proposant une véritable restauration du film voire en le diffusant (pourquoi pas sur Disney+). Le 10 décembre 2013, le propre montage du réalisateur daté de 1992, un storyboard sous-titré « A Moment in Time », a été projeté à Los Angeles. Richard Williams a participé à l’événement. Cette version fut également proposée au Festival international du Film d’Animation d’Annecy en 2015.

richard williams the thief and the cobbler
Richard Williams (1992)

Richard Williams a marqué les esprits dans la littérature spécialisée en animation. Il publie en 2001 le livre Techniques d’Animation : Pour le Dessin Animé, l’Animation 3D et le Jeu Vidéo qui fait aujourd’hui encore référence pour les jeunes animateurs et réalisateurs en herbe. Ce livre a été réédité en 2009. Découvrez ci-dessous la version québecoise du (Le) Voleur et le Cordonnier. Il n’y a jamais eu de version française car à l’époque, il y avait une grève des acteurs et actrices de doublage en France. Il s’agit du montage de 1995 avec des chansons signé Miramax Films.

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