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Rencontre avec les voix françaises de Toy Story 4

Le 22 juin 2019, quatre membres de l’équipe Disneyphile furent conviés par The Walt Disney Company France et Disneyland Paris à assister à l’avant-première française de Toy Story 4 à Disneyland Paris, en présence d’une partie des voix françaises du film. Il est toujours gratifiant pour une équipe de passionnés d’avoir l’opportunité d’assister ce à type d’événement très médiatisé et de le partager à ses lecteurs. Pour l’occasion, les deux grandes filiales de Disney en France avaient mis les petits plats dans les grands avec au programme une conférence de presse au Disneyland Hotel, une projection avec tapis rouge, destinée aux médias et à des gagnants de divers concours, suivie d’une « after party » dans le Parc Walt Disney Studios. Retour sur cette journée exceptionnelle.

Conférence de Presse avec les voix françaises de Toy Story 4

La journée fut donc rythmée par plusieurs temps forts, à commencer par la rencontre avec l’équipe du dernier-né des studios Disney·Pixar, en petit comité. C’est depuis la suite « Pinocchio » au Disneyland Hotel que se sont déroulés ces échangesc conviviaux. Etaient présents pour aborder leur expérience sur Toy Story 4, les comédiens Audrey Fleurot (nouvelle voix française de la Bergère), Pierre Niney (voix française de Fourchette), Jamel Debbouze (voix française de Ducky), Franck Gastambide (voix française de Bunny) et le chanteur franco-américain Charlélie Couture.

French Premiere Toy Story 4

[Animateur] Bonjour à tous. Bienvenue à Disneyland. En 1995, de drôles d’objets ont débarqué dans nos salons et au cinéma. Premier film d’une société que l’on ne connaissait pas très bien. Premier film tourné entièrement en images de synthèse. Et premier film au box-office américain de l’année 1995. Être autant touché par des jouets quand nous les humains ne sommes pas là, c’est un pari risqué. Buzz et Woody sont entrés dans nos vies pour ne jamais en ressortir. Ce qui est bien avec Toy Story, c’est que les artistes derrière les jouets prennent leur temps pour raconter chaque histoire. Quatre films en 25 ans, là où d’autres exploiteraient le filon. Nous avons grandi avec les personnages, on prend son temps : c’est vraiment un luxe. Toy Story 4 sort en France le 26 juin. J’espère que vous avez aimé. C’est drôle, touchant, parfois bouleversant. Ca appuie là où ça fait du bien. De nouveaux comédiens se sont joints à Jean-Philippe Puymartin qui prête sa voix à Woody, et à Richard Darbois, qui prête la sienne à Buzz l’Eclair. Merci d’accueillir Charlélie Couture,  Audrey Fleurot, Pierre Niney, Franck Gastambide et Jamel Debbouze. Vous souvenez-vous de votre première découverte de Toy Story – je suppose le premier ?

[Audrey Fleurot] Je m’en souviens très bien. Place Clichy au Beplair avec des copains. On est allés faire un McDonald’s. C’était une journée parfaite. On avait pas l’habitude à l’époque avec ce rendu de réalisme, cet humour.

[Pierre Niney] Moi, je ne m’en rappelle pas aussi bien car j’avais vraiment 6 ans. Buzz fut mon jouet préféré pendant 10 ans. Toy Story a marqué ma vie, a révolutionné ma façon de voir ce que pouvait être un scénario d’un film destiné aux enfants mais avec douze niveaux de lecture, dont je profite encore aujourd’hui en me disant « Ah oui, il y a ça et ça ». Tout à l’heure, Audrey me disait qu’elle avait vu des choses dans des scènes et c’esy vrai qu’il y a le dilemne de ce personnage qui est presque existentiel parce que c’est une Fourchette…

[Franck Gastambide] Mon premier souvenir remonte à 25 ans. J’écoute Radio Nova. J’écoute une chronique qui est l’ancêtre du cinéma de Jamel et c’est je crois la première chronique de Jamel sur Radio Nova et qui parlait de Toy Story. Ca m’a donné envie de voir le film.

[Jamel Debbouze] Il m’a piqué mon anecdote. [Rires] J’ai trouvé mon premier emploi sur Radio Nova, c’était la première fois que j’allais au cinéma gratuitement – payé par la prod’. Et c’est cette même chronique qui m’a permis de rentrer dans cette radio, et je suis allé faire cette même chronique sur Canal +. Je dois beaucoup à Toy Story.

[Animateur] Alors vous, Charlélie, vous êtes le seul à être déjà ami avec Monsieur Patate, Rex le Dino et toute la bande. […] Vous souvenez-vous de la première fois que vous vu le film, ou peut-être que Disney vous l’a montré ?

[Charlélie Couture] Je l’ai vu dans la salle avec ma fille. Je n’ai pas d’anecdote particulière. J’étais dedans, je vibrais. C’était plus l’idée que j’étais dans quelque-chose de nouveau ; j’avais le sentiment qu’il s’agissait d’une nouvelle esthétique, une manière de raconter les histoires différente avec cette image digitale. C’est pour ça que j’avais accepté de le faire. Le fait qu’il s’agissait de chansons de Randy Newman, du premier dessin animé digital… En fait, avant ça, il y avait déjà eu TRON, qui n’avait pas marqué plus que ça ou plutôt qui était un prémisse. Donc, au moment de Toy Story, on ne savait pas si ça allait devenir quelque-chose. Il y avait pas mal de questions en l’air et en même temps, tout le monde se plaisait à constater que ça ressemblait à quelque-chose de bien.

Toy Story 4 Conference de Press

[Animateur] Audrey, éclairez-nous sur votre lampe [rire].

[Audrey Fleurot] Je suis un personnage qui a disparu après le deuxième épisode. C’est une lampe, donc en gros une potiche, avec un physique très lisse, brillant. Elle a trois petites brebis. Je suis ravie de l’avoir transformé en un personnage rock’n’roll et très indépendant. Elle a décidé de ne plus appartenir à un seul enfant mais qui a voulu partir sur les routes. Au fur et à mesure de ses pérégrinations, elle a décidé de récupérer des jouets perdus et ensemble, ils décident de se mettre à disposition des enfants dans des bacs à sable. Je trouve cette métaphore assez jolie. Il ne faut pas toujours s’arrêter aux apparences : un personnage très potiche peut devenir déterminé, un mercenaire du jeu. Elle est super physique également. C’est presque la plus forte et ils [Pixar] ont osé changer le duo Woody-Buzz pour faire un duo féminin-masculine.

[Animateur] C’est une femme libre, indépendante. Elle fait ce qu’elle veut. Elle ne dépend de personne, ni des humains ni des jouets.

[Audrey Fleurot] Oui, c’est un personnage fort, assez déterminée, assez courageuse et assez physique.

[Animateur] Pierre Niney, toutes ces années de conservatoire, de Comédie Française, le César du Meilleur Acteur pour devenir une Fourchette. [rires]

[Pierre Niney] Et oui, tout ça pour ça. Quand on m’a appelé et qu’on m’a dit que c’était pour jouer une fourchette, que c’était un rôle fait pour moi, je l’ai hyper mal pris. On m’a dit : ‘c’est dans Toy Story‘ et là j’ai dit ‘oui’ direct. Même si c’était un paillasson dans Toy Story, je suis chaud. C’est une énorme référence pour moi. Ce que j’ai aimé avec cette fourchette, c’est que, juste parce qu’un enfant l’a décidé, elle prend vie, ça devient un jouet. Juste parce qu’un enfant le désire, ça sort d’une poubelle et ça prend vie. Elle a une vraie utilité dans la vie de cette petite fille. Il y a un dilemme extrêmement dingue aussi entre ne pas accepter ce qu’elle est maintenant, avoir l’impression de mériter d’être à la poubelle tout le temps alors qu’on l’en dissuade et être autre chose s’il le souhaite. J’ai adoré tous ces niveaux de lecture. Je le savais, je n’avais rien vu, je savais que c’était une Fourchette chez Pixar : je savais que ça allait être génial.

[Animateur] D’une certaine manière, ça pose la question de ce que c’est qu’un jouet. Est-ce qu’on passe par une usine à jouets pour être fabriqué ou pas ? On se rend compte qu’un jouet pour un enfant, ça peut être tout.

[Pierre Niney] Complètement ; c’est ce qui est assez proche de la réalité quand même. On peut offrir un super jouet à 200 € à un enfant et il joue avec pendant quatre jours. C’est arrivé à tout le monde. Ça raconte aussi ça : c’est ce que l’enfant choisit, il n’y a pas mieux comme révélateur de jouet, ce sont les jeux d’enfant.

Cinema Toy Story 4

[Animateur] Franck [Gastambide], vous êtes un prix à gagner à la fête foraine. Personne ne gagne. Racontez-nous cette aventure.

[Franck Gastambide] J’associe à ça mon partenaire de jeu [Jamel Debbouze] puisque nous sommes accrochés à la patte. Nous sommes tous les deux des jouets à gagner dans une fête foraine.

[Jamel Debbouze] Mais moi la plupart des clients veulent repartir avec moi. [rires] Forcément, ils se rendent compte qu’il y a le lapin avec et ils changent souvent d’avis.

[Animateur] Vous êtes Ducky. Ils sont inséparables. Est-ce que vous savez d’où ils viennent, qui ils sont ? Qu’est ce qu’ils ont dans la tête ces deux jouets de fête foraine accrochés ? Personne ne les gagne. Ils sont là depuis longtemps, ils n’ont eu aucune interaction avec les enfants depuis longtemps, très peu d’interaction avec d’autres jouets. Est-ce que vous vous posez ce genre de questions car ils sont à part aussi ?

[Jamel Debbouze] C’est pas un rôle de composition pour nous. [rires] On a un peu vécu ça d’une certaine manière. On était empêtré pendant très longtemps, personne nous calculait et on a tapé des pieds et des mains pour essayer d’exister. Et on a tout fait pour sortir de cette fête foraine comme eux d’une certaine manière. Je voulais revenir sur l’impact de Toy Story la première fois. J’ai pu faire cette chronique sur Radio Nova et avoir ce job. Ce qui m’avait frappé, c’était cette idée extraordinaire de faire parler des jouets. Parce qu’on s’est tous demandé ce que faisaient nos jouets quand on était pas là. Ça fait appel à l’imaginaire tout de suite. On rentre chez soi différemment après.

Casting Francais Toy Story 4
Jamel Debbouze, Franck Gastambide Officiel, Audrey Fleurot, Pierre Niney et CharlElie Couture sur le tapis rouge de l’avant-première française de Toy Story 4.

[Animateur] Charlélie, comment avez-vous travaillé sur l’adaptation des deux nouvelles chansons écrites par Randy Newman ?

[Charlélie Couture] J’étais content qu’on pense à moi tant d’années après le premier film. Ça valait le coup de se replonger dans ce monde qui est effectivement un monde d’enfance mais aussi adulte en fait. Entre le premier Toy Story et celui-ci, c’est comme si les personnages avaient aussi pris de la bouteille entre guillemets. Ils jouent leur rôle avec une psychologie moins naïve que celle du premier film, où on rêvait toujours sur une poupée vivante. Dans Toy Story 4, cette idée est plus travaillée. Il en va de même pour la traduction, plutôt l’adaptation des chansons de Randy Newman. C’est pas seulement le fait de faire du mot à mot, c’est aussi trouver des mots que je peux porter, que je peux dire. Même si au départ, ils pensaient qu’on mettrait trois jours pour les enregistrer, ça s’est fait très vite avec mes propres mots si je puis dire. Et même la chanson que j’ai réinterprété d’origine, je redoutais un peu de repartir sur les mêmes bases mais finalement, c’est allé. Je fais ça pour m’amuser.

[Animateur] Audrey, c’est la première fois que vous doublez un personnage de film d’animation. Vos camarades avaient déjà donné leur voix à des personnages – Pierre Niney qui jouait Peur dans Vice-Versa, Franck Gastambide dans Royal Corgi et Jamel Debbouze dans Docteur Dolittle.

[Jamel Debbouze] Je faisais un hamster oui ! [rires] Chacun fait ce qu’il peut.

[Animateur] Audrey, vous aviez déjà participé au doublage de Mission Impossible 3. Est-ce que ça change quelque-chose de faire du doublage sur un film d’animation ?

[Audrey Fleurot] Oui pour ça les code de jeux ne sont pas les mêmes. J’avais fait aussi Scarlett Johansson dans Her. C’était encore différent là. Pour Toy Story 4, c’est un jeu plus expressif. Ce que je ne savais pas, c’est qu’ils travaillent avec les acteurs puis font l’animation en fonction des acteurs. Nous, nous arrivons après. Il faut réinterpréter ce que l’acteur américain a fait en français, qui est deux fois plus long que le texte en anglais et coller aux lèvres des personnages tout en insistant sur l’accent tonique. En français, on n’a pas cet accent quand en anglais, on l’a avec des bouches grandes ouvertes. Il y a une partie à la fois super technique qui doit être suffisamment bien intégrée pour pouvoir s’amuser à côté. Il y a un code de jeu où l’on peut s’autoriser plus de choses.

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[Animateur] Est-on plus expressif dans le doublage d’un film d’animation ?

[Franck Gastambide] Jamel a insisté pour qu’on le fasse ensemble ce qui m’a impressionné au début. C’est pas anodin de se retrouver en studio avec Jamel. C’est un phénomène, une force de proposition et toi tu essayes d’exister là-dedans. C’est la double consécration pour moi de faire une voix pour Toy Story, un rêve tout en travaillant avec Jamel. J’ai mis un peu de temps pour m’y faire. Ce moment j’ai du le désacraliser. Ces deux personnages se tenant par la main, c’était important en terme d’énergie qu’on le fasse ensemble. C’est un truc très cool. La version française est une version unique car Jamel a tendance a se réapproprier un peu le texte. Quand le studio est mort de rire devant les propositions de Jamel, difficile de résister. Disney considère ce qui est proposé.

[Jamel Debbouze] Ça me fait plaisir, c’est pas totalement vrai. C’est pas de la fausse modestie. L’intérêt d’être ensemble, c’est d’être dans le même rythme et l’intelligence des équipes de doublage, c’est d’aller chercher des comédiens qu’ils connaissent. Faire appel à nous, c’est faire appel à nous-mêmes et notre musique intéressante pour nos personnages. On dirait deux petites « caillras ». Ils viennent nous chercher pour ça, cette vivacité, cette filouterie qu’on a eu aucun mal à camper. D’autant qu’on nous laisse la liberté d’aller chercher des choses qui nous surprendraient et surprendraient le public.

[Animateur] En plus, c’est une adaptation de la version américaine. C’est le duo Keegan-Michael Key et Jordan Peele, des humoristes très célèbres. Vous connaissez peut-être Jordan Peele qui est devenu entre temps réalisateur. Pierre, la principal difficulté de doubler un personnage d’animation ?

[Pierre Niney] La première fois que j’ai fait ça, c’est un peu le fait d’être seul en studio. C’est une difficulté car on est acteur et on aime jouer avec les uns et les autres et interagir. C’est un grand luxe de le faire ensemble. J’ai eu la chance d’arriver à la fin du processus. J’avais vos voix, celle d’Angèle. J’avais déjà quelque-chose pour me diapasonner, pour répondre. C’est parfois le côté un peu dans le vide qui fait un peu flipper. C’est un exercice que j’apprécie mais ce n’est pas ce dont je raffole car le côté enregistrement en studio à 8h du matin Saint-Denis, c’est pas non plus pour ça que j’ai fait ce métier. Mais quand c’est aussi fort que ça, tu peux pas dire non, c’est une aventure extraordinaire. T’accepterais même beaucoup plus de torture pour être dans Toy Story.

[Presse] Comment vous traitiez vos jouets quand vous étiez enfant et que reste-t-il de vos jouets maintenant ?

[Jamel Debbouze] Très bonne question. On va laisser répondre le cerveau Pierre. [rires]

[Pierre Niney] Ça m’a beaucoup touché cette histoire d’imaginaire dans le film. N’importe qui peut être un jouet. Ma maman était professeure d’arts plastiques. Je faisais beaucoup de choses en terre avec mes sœurs. A la maison, on faisait des trucs en papier kraft donc ça m’a beaucoup parlé. Aujourd’hui, des jouets, j’en ai un peu encore. Tout à l’heure, on était tous de réclamer des peluches de nos personnages comme des gamins. On disait ‘Moi je veux une taille réelle de moi’. On peut pas se mentir.

[Jamel Debbouze] C’est vrai, c’est vrai ! Il y a un truc un peu particulier et très jouissif de fabriquer son propre jouet, c’est plus intéressant que d’avoir un jouet fini avec lequel plein d’autres gamins jouent. Parce qu’on se l’approprie et qu’on a une relation particulière avec.

[Presse] Quel est votre personnage préféré du film ?

[Pierre Niney] J’adore le cascadeur canadien. Il est extraordinaire.

[Audrey Fleurot] Duke Caboom !

Avant-première de Toy Story 4

La journée s’est poursuivie avec le tapis rouges du casting vocal français à Studio Theater pour l’avant-première française de Toy Story 4. Ils ont répondu aux questions des journalistes sur ce tapis rouge puis à celles de Hélène Etzi, actuelle présidente-directrice générale de The Walt Disney Company France sur scène. Un message d’Angèle qui prête sa voix à la poupée Gabby Gabby a également été diffusé ainsi qu’un spot offert par la voix officielle de Buzz en France, Richard Darbois qui s’était amusé à piéger les visiteurs de Toy Story Playland derrière le masque du cosmonaute. Enfin, après la projection exceptionnelle du film, servie par une ovation générale au générique de fin, la soirée s’est conclue par une « Party » autour du thème de Toy Story, à Toon Studio. Un dîner y fut servi et des animations nombreuses offertes aux quelques privilégiés : rencontres avec les Personnages de la saison Toy Story Play Days, attractions et DJ.

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