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Les Éternels – Critique du Film Marvel Studios

Les Éternels met en avant une nouvelle équipe passionnante de super-héros. Depuis l’aube de l’humanité, ce groupe venu des confins de l’univers, protègent la Terre. Lorsque les Déviants, des créatures monstrueuses que l’on croyait disparues depuis longtemps, réapparaissent mystérieusement, les Éternels sont à nouveau obligés de se réunir pour défendre l’humanité…

Les Éternels arrivent sur Terre

L’attente  du 25e long métrage du MCU a forcément été longue et les attentes n’ont fait donc que grandir, d’autant que Chloé Zhao a remporté depuis l’Oscar de la Meilleure Réalisation. Dès lors et sans même se plonger dans l’histoire, Les Éternels s’est présenté naturellement comme la plus grande entreprise de Marvel, ayant pour tâcher de nous présenter de nombreux personnages inédits et en essayant de leur offrir à chacun des moments pour briller tout au long du film.

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Makkari (Lauren Ridloff) et Druig (Barry Keoghan)

La Phase IV du Marvel Cinematic Universe est sans aucun doute l’étape la plus complexe à aborder depuis le début tant elle réunit plusieurs histoires. Si celle du multiverse prend beaucoup plus de place, une autre intrigue mettant en avant le groupe des Éternels aura sans doute de l’importance au fil du temps. Les Éternels est un film qui sort du cadre du MCU : épique, fort, contenant de beaux moments d’émotions. Chloé Zhao nous présente une tribu dysfonctionnelle et imparfaite mais terriblement attachante, ces nouveaux héros vont surprendre les fans de la première heure.

Les bébés de Jack Kirby

Stan Lee est le créateur de nombreux héros de la Maison des Idées, vus jusqu’ici, mais les Éternels sont une création de son collègue et ami Jack Kirby. Apparus pour la première fois en 1976 sur papier glacé, ces personnages originaires d’une lointaine planète appelée Olympia, constituent une race extraterrestre particulière, créée par les Célestes il y a plusieurs millénaires, qui ont pour mission de protéger l’univers face aux Déviants, des créatures monstrueuses qui absorbent l’énergie de leurs adversaires.

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Les Éternels est une adaptation risquée

Peu connus du grand public, les Éternels n’étaient pas les personnages les plus faciles à introduire sur grand écran mais tout comme ceux de Shang-Chi et la Légende des Dix Anneaux, Marvel Studios réussit à nous présenter des personnages aux pouvoirs puissants, tout en les replaçant dans un cadre psychologique très humain. Peut-être même plus humains que la majorité des autres héros du MCU introduits jusqu’ici… Chacun membre de cette équipe possède autant de qualités que de défauts mais le studio de Kevin Feige prend le parti pris de ne pas trop les sacraliser pour autant comme le faisait par exemple Zach Snyder avec sa Justice League. Ici, nos héros ne se prennent jamais pour ce qu’ils sont, des êtres puissants.

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Karun (Harish Patel), Kingo (Kumail Nanjiani), Sprite (Lia McHugh), Sersi (Gemma Chan), Ikaris (Richard Madden), Thena (Angelina Jolie), Gilgamesh (Don Lee)

Présentation de ces dix super-héros et super-héroïnes

Après des siècles sans incident de la part des Déviants, les créatures commencent à réapparaître et les Éternels doivent se réunir pour les arrêter et affronter une force plus importante connue sous le nom d’Émergence.  Le groupe est composé de dix membres aux différents pouvoirs :

  • Ajak (Salma Hayek), la cheffe du groupe qui a été missionnée par le dieu Arishem (David Kaye) de protéger l’univers des Déviants. Elle est dotée du pouvoir de guérison.
  • Ikaris (Richard Madden) n’est pas le leader a proprement parler mais possède un charisme et une fidélité à toutes épreuves dans son devoir qui font de lui un chef officieux pour certains membres du groupe. Il a le pouvoir de tirer des lasers avec ses yeux.
  • Sersi (Gemma Chan) est capable de manipuler les objets mais a également un autre pouvoir qui va se révéler dans le film. Elle vit une histoire d’amour complexe avec Ikaris.
  • Thena (Angelina Jolie) est la déesse de la guerre capable de faire apparaître des armes. Elle possède également une grande sensibilité liée à un traumatisme venant de ses origines.
  • Gilgamesh (Dom Lee) est la force physique du groupe grâce à ses poings. Il est aussi très protecteur en particulier de Thena.
  • Sprite (Lia McHugh) crée des illusions afin de duper ses adversaires. Malgré son grand âge, elle n’apprécie pas tellement son physique de jeune fille.
  • Kingo (Kumail Nanijiani) est le bout en train et confident de la bande. Il peut tirer des rayons plasma avec ses doigts.
  • Phastos (Brian Tyree Henry) est le savant du groupe, pouvant tout construire et est fasciné par l’évolution humaine.
  • Druig (Barry Keoghan) peut manipuler les esprits. Druig est à contre-courant des idées des autres parce qu’il ne voit pas pourquoi les Éternels ne peuvent pas plus intervenir pour aider l’humanité.
  • Makkari (Lauren Ridloff) a le don de rapidité mais aussi le rôle d’amie loyale envers la bande.
Sersi (Gemma Chan)

 

Si l’histoire de ces personnages de comic-books parvient à parcourir 7 000 ans d’histoire de manière assez authentique, l’intrigue actuelle du film peut parfois paraître confuse voire même déroutante. Mais Les Éternels réussit à délivrer un spectacle visuel splendide même s’il tombe souvent à plat en ce qui concerne son histoire.

Ajak (Salma Hayek)

La particularité du film est que Chloé Zhao a choisi de se focaliser sur les histoires personnelles des membres des Éternels en alternant passé et présent pour voir comment cette famille unie pour la même cause, a fini par prendre des chemins séparés aux quatre coins du monde. Ils se retrouvent finalement suite à un évènement tragique qui va remettre en cause leur mission initiale et leurs croyances. Étonnamment, cet aspect d’étoffer chaque personnage est réellement réussi ; les scénaristes font en sorte qu’on puisse s’identifier à eux, qu’on puisse même se soucier d’eux et comprendre leurs différentes dynamiques les uns avec les autres.

Des décors naturels

Chloé Zhao venant du cinéma indépendant a réussi à imposer sa patte créative et artistique auprès de Marvel Studios aussi bien dans le scénario du film (qu’elle co-écrit avec Patrick Burleigh) que dans les décors. Les Éternels est sans doute le film le plus beau et riche esthétiquement de l’histoire du MCU. Durant 2H37, nous voyageons de Londres au Dakota du Sud en passant par l’ancienne Mésopotamie, le tout immortalisé par le directeur de la photographie, Ben Davis (Les Gardiens de la Galaxie, Doctor Strange, Captain Marvel) qui offre des images somptueuses. Les images sont agrémentées d’une texture si particulière qu’il évite clairement que chaque scène tombe à plat. S’il fallait tomber dans une comparaison journalistique facile, Les Éternels est sans doute le « Dune » de Marvel Studios d’un point de vue esthétique.

Ikaris (Richard Madden)

Une histoire inclusive

Sans oser faire du militantisme revendiqué, Les Éternels est le film le plus inclusif du Marvel Cinematic Universe. Porté par un casting exclusivement diversifié, le film n’insiste pas pour autant dans la surcommunication de tel  ou tel autre message et offre de vraies nouveautés bienvenues dans un film du label super-héroïque. On peut citer par exemple le cas Phastos qui après s’être séparé de la bande a refait sa vie de manière apaisée en souhaitant presque tirer un trait sur sa vie passée.

Sersi (Gemma Chan)

Vous l’aurez compris, ce casting complet de héros portant des thèmes actuels forts est à la fois revigorant et réconfortant, et pourrait très bien rebattre les cartes dans la manière d’aborder ce type de film à l’avenir. La meilleure chose finalement à propos de ce film est de permettre à chaque fan de Marvel d’en ressortir avec un ou plusieurs personnage(s) préféré(s). Il faut dire que chaque acteur surprend de manière singulière, livrant une performance aboutie, le seul moyen selon nous de réussir un film collégial aussi dense. Que vous aimiez ou non Les Éternels, vous serez sûrement enthousiasmé par le destin qui attend au moins l’un de ses personnages.



Une fin inattendue pour une origin-story

Les Éternels est le film le plus autonome du MCU (un néophyte peut aller voir ce blockbuster sans pour autant tout visionner en amont). Très certainement, c’est un point qui pourra autant être une qualité comme une faiblesse pour ce film. Le film est rafraîchissant et intriguant de part cet aspect et montre que les studios Marvel peuvent encore prendre de gros risques en 2021, en s’attaquant à du contenu inédit. D’un autre côté, cette déconnexion totale du film avec le reste du MCU le rend peut-être un peu moins attrayant que les autres. Il sera peut-être plus difficile de le revoir par rapport aux autres chapitres de cette phase IV, qui s’imbriquent davantage les uns dans les autres. Pour lui permettre de garder un attrait durable, il faudra nécessairement que son arc narratif se développe et réponde à d’autres films par la suite dans ce puzzle géant et complexe qu’est le MCU.

Sprite (Lia McHugh) et Sersi (Gemma Chan)

Malgré quelques moments drôles, l’histoire se veut assez sérieuse et exigeante (voire un peu trop par moments) ce qui est le bienvenu mais il n’en reste pas moins épique et les scènes de batailles sont utilisées à bon escient dans la narration de l’histoire. Il peut paraître également compliqué de s’investir dans les enjeux du film, s’ajoutant à un passif récent déjà bien lourd dans le MCU (en particulier pour Avengers : Endgame). Après un tel film, il est difficile de croire que la Terre est vraiment menacée de destruction, d’autant plus quand on a affaire à ce type de super-héros surpuissant. Tout semble trop simple. Les humains peuvent-ils endurer autant de menaces en si peu de temps ? Entre l’histoire de ce groupe, leurs querelles internes, leur confrontation aux Déviants et leur combat pour arrêter l’Émergence, la lisibilité globale de l’intrigue en pâtit. Mais la fin est particulièrement inattendue reflète le destin de certains personnages.

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Thena (Angelina Jolie)

Il y a des clins d’œil bien sûr aux évènements liés aux Avengers mais ils n’alourdissent pas le rythme global. Attention cependant, le film n’est pas sans imperfections en particulier au moment de l’explication de la véritable mission des Éternels et des deux scènes post-génériques qui teasent bien quelque chose (la première scène en particulier qui va faire parler) mais n’offrent pas pour autant d’informations claires sur les évènements à venir. C’est bien simple : on pourrait s’en passer.

Concernant l’action, les séquences dédiées sont plutôt bien chorégraphiées et la confrontation finale est satisfaisante sans pour autant apporter de l’inédit. Les Éternels assume sa durée d’exécution ce qui pourra probablement en frustrer certains, plus habitués à vivre des histoires plus intenses et excitantes du côté de Marvel Studios.

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Une plage, un coucher de soleil, une caméra

Les Éternels est une œuvre à part du Marvel Cinematic Universe qui sera sans aucun doute l’une des plus controversées. Ses personnages attachants et son visuel époustouflant suffiront à le rendre appréciable du plus grand nombre. Malgré une intrigue légèrement désordonnée, ce film n’est pas à négliger dans le MCU bien au contraire puisqu’il offre également des perspectives intéressantes pour l’avenir aussi bien devant que derrière la caméra. Après son précédent film Nomadland, l’oscarisée Chloé Zhao montre l’étendue de son talent dans un grand film à gros budget tout en restant fidèle à sa patte artistique. Il ne serait pas étonnant qu’après cela, Marvel Studios fassent appelle à d’autres cinéastes de films d’auteurs pour de futurs blockbusters.



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