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Frozen the Musical – Critique du Spectacle Disney

Lorsque la reine Elsa, qui vient tout juste d’être couronnée, déclenche accidentellement un hiver éternel dans la cité d’Arendelle, sa sœur cadette Anna (avec ses amis Kristoff, Olaf et Sven) se lance dans une aventure palpitante pour retrouver sa sœur et sauver le royaume. Face à un méchant insoupçonné, à des pouvoirs givrants imprévisibles et des situations rocambolesques et parfois dangereuses, Anna doit se battre aux côtés de ses amis pour ramener l’été dans leur pays. Frozen the Musical révèle à quel point le véritable amour peut prendre plusieurs formes et que le lien entre sœurs reste à tout jamais quelque chose de vraiment spécial.

Le phénomène Frozen s’étend à la scène

La Reine des Neiges des Studios d’Animation Walt Disney, sorti en 2013 au cinéma racontait l’histoire d’Elsa, la reine d’Arendelle qui possède le pouvoir de contrôler la glace, et de sa sœur, la princesse Anna. Accompagnés de Kristoff, son renne Sven et du bonhomme de neige vivant Olaf, ils vivent une aventure haletante pour sauver le royaume de l’hiver perpétuel. Inutile de revenir sur le phénomène commercial, culturel – et oserions-nous dire social – que représente La Reine des Neiges, qui fut le premier long métrage animé de l’histoire à devenir milliardaire. Multirécompensé – dont l’Oscar du meilleur long métrage d’animation – et bien que fans l’aient apprécié pour ses personnages et ses chansons, son histoire a néanmoins soulevé quelques questions qui, selon ses créateurs, devaient être abordés à la fois dans une version scénique plus riche et dans un second volet cinématographique. Qu’à cela ne tienne, dès le mois de janvier 2014, Bob Iger, PDG de The Walt Disney Company, annonce que la filiale Walt Disney Theatrical Productions développe une adaptation du film prévue pour les planches de Broadway, même si le projet était déjà sur les rails un an avant la sortie du film.

Du 17 août au 1er octobre 2017, le spectacle mis en scène par Michael Grandage et chorégraphié par Rob Ashford, est testé au Buell Theatre de Denver avant son arrivée plus médiatisée le 22 mars 2018 au St. James Theatre à Broadway. Il y sera joué 825 fois sans compter les 26 avant-premières. Le rideau tombe une dernière fois le 11 mars 2020 en pleine pandémie mondiale et Disney annonce deux mois plus tard qu’il ne reprendra pas par la suite, car si le succès était au rendez-vous (1,3 million de spectateurs), les moyens déployés furent considérables (35 millions de dollars pour monter le spectacle) et la production n’a malgré tout pas attiré autant que Aladdin ou The Lion King à Broadway. Un choix économique a dû etre fait pour la filiale des spectacles de Disney, qui a sacrifié son tout jeune spectacle mais cela ne l’a pas empêché de l’exporter d’abord sous forme de tournée à travers les États-Unis dès 2019 mais aussi à Sydney en Australie en décembre 2020 puis à Tokyo au Japon en juin 2021 (et à Hambourg en Allemagne en novembre 2021).

L’arrivée du spectacle à Londres

Mais le célèbre West End londonien n’a pas été mis de côté également. Le 19 mars 2019, Walt Disney Theatrical Production annonce l’arrivée de la comédie musicale Frozen the Musical au Théâtre Royal de Drury Lane à Londres pour l’automne 2020. En raison de la pandémie de la Covid-19, ce lancement est reporté au 2 avril 2021, avec une ouverture officielle le 14 avril 2021. Finalement, un nouveau décalage nous amène au mois d’août 2021, alors que les théâtres rouvrent progressivement durant l’été dans la capitale britannique. Disneyphile était présent le vendredi 27 août 2021 à la toute première représentation en avant-première du spectacle à Londres, alors que son lancement officiel a eu lieu le 8 septembre. Après plus de deux ans de fermeture, l’un des plus anciens théâtres de la capitale britannique, entièrement rénové, a enfin rouvert ses portes pour accueillir la dernière production Disney du West End. Retour sur une soirée riche en émotions !

frozen the musical

Une chose est sûre, la production a décidé de faire les choses en grand pour cette toute première représentation de Frozen the Musical. De nombreux stands de merchandise étaient installés à l’entrée du théâtre et aussi à tous les étages avec de nombreux articles et accessoires consacrés aux personnages principaux : peluches, vestes, robes, bouteilles, mugs en tout genre. Il y en avait absolument pour tous les goûts même si parfois le prix de certains articles était un peu exorbitant. Au premier étage, il y avait même un petit stand photo où les enfants pouvaient se faire photographier sur un fond turquoise pour immortaliser cette soirée !

anna hans

Le public était au rendez-vous, impatient de découvrir la nouvelle production Disney, repoussée à plusieurs reprises en raison de la crise sanitaire. Beaucoup de petites filles dans la salle étaient habillées en Elsa et parfois même des adultes !

Une mise en scène époustouflante

Ce qui fait la beauté de Frozen the Musical, qui reprend l’histoire du premier film acclamé de 2013 tout en l’enrichissant scénaristiquement, c’est indéniablement la qualité de sa mise en scène et des décors. La direction artistique générale est signée Michael Grandage qui a aussi réalisé celle de la version de Broadway créée en 2018. Le reste l’équipe créative se compose de Kristen Anderson-Lopez et Robert Lopez pour les musiques et les paroles (grands manitous de la musique des films de la saga givrée de Disney), Jennifer Lee pour le livret (scénariste et co-réalisatrice des mêmes films à succès), Rob Ashford pour les chorégraphies, Christopher Oram pour les décors et les costumes, Neil Austin pour les lumières, Finn Ross pour les vidéos, Peter Hylenski pour le son, Michael Curry pour les marionnettes et Stephen Oremus pour la supervision musicale. La comédie musicale à succès de Broadway a été nommée trois fois aux Tony Awards en 2018, dont le meilleur musical, le meilleur livret d’une comédie musicale et la meilleure partition originale. Elle vise à Londres les prix similaires, les Olivier Awards en 2021.

Nous n’avons pas vu la version américaine du spectacle mais l’une des grandes différences avec la production entre celle-ci et celle du West End est que la salle du Théâtre Royal Drury Lane est deux fois plus grande que celle du Saint James Theater. À Broadway, le spectacle avait un côté plus intimiste tandis que la mise en scène de la version londonienne se veut plus grandiose. Le challenge n’était donc pas du tout le même pour la production qui a pu déployer des moyens plus conséquents dans la création du spectacle sur les terres anglaises.

Certaines scènes nous ont vraiment impressionnées comme celle du duo d’Anna et Kristoff sur « What do you Know about Love ? » où les deux artistes chantent sur un escalier de glace de plus de 20 mètres qui s’écroule petit à petit au fil de la chanson. Et bien évidemment, la fameuse scène culte qui vient clôturer le premier acte où Elsa entonne l’hymne que tout le monde connaît « Let it Go » tout en construisant son palais de glace restera là encore dans toutes les mémoires de spectateurs. La scène nous a littéralement donné des frissons !

anna elsa

Les effets spéciaux, les bruitages et les vidéos projetées sur les éléments de décor ou en arrière-plan pour nous indiquer où les personnages se situent sont particulièrement réussis et n’ont pas la qualité douteuse que l’on peut découvrir parfois sur des mapping vidéos de bon marché, le procédé étant démocratisé depuis plus d’une décennie désormais dans ce type de production scénique. On y croit et on est immédiatement plongé dans l’univers de La Reine des Neiges. Nous avons aussi appréciés la manière dont la neige et la glace sont représentées sous toutes leurs formes tout au long du spectacle avec différents matériaux. Scénographiquement, le royaume d’Arendelle est dépeint avec des couleurs beaucoup plus chaudes qui contrastent avec les scènes en extérieur.

Les costumes créés par Christopher Oram et son équipe sont tous plus somptueux les uns que les autres. Une attention toute particulière a été portée à l’ornementation avec notamment une déclinaison de motifs floraux qu’on retrouve sur la plupart des costumes et qui s’inspire des vêtements traditionnels norvégiens. Et pour cause, la création du spectacle à New-York fut l’occasion pour la librettiste Jennifer Lee et ses équipes d’effectuer un voyage de recherche en Norvège, Finlande et Islande.

On retrouve comme dans The Lion King l’utilisation de marionnettes, notamment pour le personnage d’Olaf et de Sven. Olaf est interprété par le talentueux Craig Gallivan qui avoue s’être inspiré de l’acteur Josh Gad (qui a prêté sa voix au touchant bonhomme de neige dans le film) afin de donner vie au personnage tout en apportant sa touche personnelle. Sven est interprété par deux acteurs qui se relaient et il faut dire que le résultat fonctionne plutôt bien tellement le renne est expressif sur scène.

Le casting brillant de Frozen the Musical

Encore une fois, nous n’avons pas vu le show à Broadway donc nous ne pouvons vraiment comparer mais tout le cast est globalement très convaincant. Stephanie McKeon est tout simplement bluffante dans le rôle d’Anna. En plus de sa ressemblance physique avec le personnage, l’artiste a clairement la voix idéale pour incarner la petite sœur d’Elsa, toujours enjouée et rêveuse. Vocalement en tout cas, son timbre convient davantage au personnage que celle de Patti Murin qui incarnait la prince outre-Atlantique, avec un côté peut-être un peu trop mature. Samantha Barks dans le rôle d’Elsa s’en sort également très bien, étant donné l’ampleur de ce rôle et les attentes du public. L’actrice était émouvante sur le très beau « Dangerous to Dream » qu’elle chante lors de la scène du couronnement et on peut saluer aussi sa première performance sur « Let it Go », une scène pas évidente à réaliser qui demande beaucoup de coordination entre la voix, la gestuelle et les effets spéciaux. Les deux petites filles qui incarnaient Elsa et Anna petites étaient aussi très talentueuses.

frozen the musical

Nous avons été aussi agréablement surpris par l’artiste qui campait le personnage de Kristoff, Obioma Ugoala. Sa prestance surpasse peut-être tout le reste du cast, grâce à son charisme dans chacune de ses interventions ; il forme un joli duo avec Anna par ailleurs. Enfin, on peut saluer aussi la performance de l’ensemble qui est remarquablement mis en valeur dans ce spectacle, aussi bien vocalement que physiquement. Les membres de l’ensemble passent d’un rôle à l’autre en un rien de temps avec de nombreux changements de costume tout au long du spectacle. Nous avons été un peu moins convaincus par le personnage de Hans (Oliver Ormson) car ses véritables intentions sont amenées de manière un peu trop abrupte. Le reste du casting se compose de Craig Gallivan (Olaf), Emily-Mae (Bulda), Gabriel Mokake (Roi Agnarr), Jacqui Sanchez (Reine Iduna), Jak Skelly (Oaken / Bishop), Joshua St.Clair (Pabbie), Mikayla Jade et Ashley Birchall (qui s’alterneront dans le rôle de Sven) et Richard Frame (Duc de Weselton). L’ensemble se compose de  Anna WoodsideCameron BurtDanielle FiamanyaEmily LaneHannah FaircloughIsabel SnaasJacob MaynardJake SmallJason Leigh WinterJemma RevellJeremy BattJoe Griffiths-BrownJustin-Lee JonesLaura EmmittLauren ChiaLeisha MollyneauxMatt GillettMonica Swayne et Sarah O’Connor.

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De nouvelles chansons qui fonctionnent à merveille

La version scénique a été enrichie de pas moins d’une quinzaine de nouvelles chansons composées par le même duo Kristen Anderson Lopez et Robert Lopez. Ces nouveaux morceaux s’insèrent parfaitement avec les chansons que l’on connaît déjà et qui ont été magnifiquement réorchestrées. On plonge un peu plus dans la psychologie des personnages, notamment Elsa qui a désormais trois solos. « Dans le film, nous n’avons pas beaucoup de temps avec Elsa », avait déclaré la librettiste Jennifer Lee au The Guardian, également scénariste des films. « Son impact est énorme mais on ne rentre pas beaucoup dans sa tête, et pouvoir l’explorer sur scène était le plus amusant. » Le solo d’Anna intitulé « True Love » vers la fin du deuxième acte a été remplacé par un très joli duo « I Can’t Lose You » – le seul et unique en l’occurence pour Elsa et Anna, véritable déclaration d’amour des deux sœurs, qui permet à cette pièce de prendre un ton résolument plus féministe que le film dont elle est issue. « J’ai l’impression de bien connaître ces personnages, mais ils ne cessent de me surprendre par tout ce qu’ils contiennent » avait ajouté Jennifer Lee.

Le spectacle possède aussi des chansons plus dynamiques, qui donnent envie de danser. Le morceau qui surprend le plus est sans doute « Yugge » avec son côté comique et second degré qui ouvre le deuxième acte. Enfin, on retrouve beaucoup plus de touches scandinaves dans les nouvelles musiques. On se rapproche davantage de l’ambiance du second volet des aventures d’Elsa, qui la reconnectaient avec la nature et sa culture.

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Anecdote assez fascinante, les Lopez ont travaillé simultanément sur l’adaptation scénique de La Reine des Neiges pour Broadway et sur le film La Reine des Neiges II. Une grande partie de ce qu’ils ont appris du spectacle a inspiré la suite. Mais ce second volet a lui-même inspiré des révisions dans la comédie musicale. La Reine des Neiges II revient sur l’enfance d’Anna et Elsa et la relation avec leur mère, une idée qui a germé dans l’esprit des Lopez en adaptant le premier film pour Broadway. C’est comme cela que la berceuse « All is Found » est née, créée sur une tonalité mineure pour lui apporter du mystère comme es chansons folkloriques scandinaves. Elle devait être intégrée au départ dans la séquence d’ouverture du spectacle mais a finalement été retirée du livret. Le spectacle a d’ailleurs d’intéressant qu’il approfondit notoirement la relation qui lie Anna et Elsa à leurs parents. L’écriture de Frozen the Musical a permis aussi d’étoffer l’arc narratif de Kristoff en vue de La Reine des Neiges II. Le processus d’écriture des chansons du spectacle s’est fait assez rapidement, à partir de monologues intérieurs écrits par Jennifer Lee. Le même processus a été utilisé pour les chansons de La Reine des Neiges II comme « The Next Right Thing », basé sur un texte écrit par Jennifer Lee et l’interprète vocale d’Anna, Kristen Bell. Enfin, lors du lancement de la tournée américaine du spectacle en 2019, des changements ont été apportés. La ballade « True Love » d’Anne dans l’acte 2 a été supprimée. Une autre est venue s’ajouter dans l’acte 2, « I Can’t Lose You », décrite plus haut.

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Frozen the Musical a vraiment tout d’un grand show – plus adulte cependant que le film d’animation de 2013 -et on lui souhaite le même succès que The Lion King et Mary Poppins qui sont toujours à l’affiche dans le West End. En résumé, nous n’avons pas vu passer les deux heures et demi de spectacle et l’ambiance dans la salle était tout sauf glaciale. Nous avons quitté le théâtre au son de « Let it Go » ; de faux flocons de neige tombaient du ciel à la sortie du théâtre, histoire de faire perdurer encore un peu la magie de la soirée ! On ne peut que vous conseiller d’aller vite faire un tour à Londres à présent, en attendant peut-être un jour l’arrivée du spectacle en France.



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