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Courtoisie de Lucasfilm Ltd, Disney et Marvel Studios

Disney veut privilégier la qualité plutôt que la quantité pour ses films

Lors d’un forum qui s’est tenu hier en présence d’employés de la société, Bob Iger, PDG de Disney, a parlé des récents échecs de la firme au box-office (le mauvais démarrage de Wish : Asha et la Bonne Étoile, les résultats mitigés de Élémentaire et La Petite Sirène ou encore les flops rencontrés par Le Manoir Hanté, Ant-Man et la Guêpe : Quantumania, The Marvels, Indiana Jones et le Cadran de la Destinée, The Creator et Mystère à Venise pour ne citer que l’année écoulée), insistant sur l’idée que la qualité des films ne doit pas être sacrifiée sur l’autel de la quantité et des exigences économiques.

Bob Iger parle d’une nouvelle phase de « construction »

La Walt Disney Company a commémoré son 100e anniversaire en habillant sa mascotte, Mickey Mouse, d’une tenue platine scintillante conçue « pour refléter l’optimisme et la créativité de Disney alors que la société célèbre ses 100 ans et se tourne vers le siècle prochain ». L’optimisme et la créativité étaient au cœur du message du PDG de Disney, Bob Iger, adressé hier aux employés, expliquant à ces Cast Members que les studios Disney s’engagent à privilégier la qualité plutôt que la quantité alors que l’entreprise passe d’une période dite de réparation (entendez par là post-pandémique et post-Chapek) à une phase de « construction ».

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« Je dis que l’optimisme est un trait extrêmement important d’un leader, parce que personne ne veut suivre un pessimiste. Mais je crois aussi qu’un optimisme désespéré ne fait de bien à personne », a déclaré Bob Iger lors de l’événement animé par David Muir, officiant sur la chaîne ABC News. « J’ai, je pense, de vraies raisons – et nous avons de vraies raisons chez Disney – d’être optimistes, et cela commence par le fait que nous sommes Disney. Et Disney, comme vous le savez, est une marque en soi, mais c’est aussi une holding qui abrite de nombreux actifs et de nombreuses grandes marques. Donc, voilà la raison d’être la première entreprise optimiste. »

La quantité au détriment de la qualité chez Disney ?

Bob Iger est revenu à la tête de l’entreprise il y a un an, remplaçant son successeur Bob Chapek au poste de PDG, une trentaine de mois seulement après avoir quitté ses fonctions en 2020. Susan Arnold, alors présidente du conseil d’administration de Disney, a déclaré à l’époque que le directoire avait conclu que « alors que Disney s’engage dans une période de transformation industrielle de plus en plus complexe, Bob Iger est dans une position unique pour diriger la société à travers cette période charnière. »

« Je savais qu’il y aurait une myriade de défis auxquels je serais confronté en revenant », a ajouté Bob Iger mardi. « Je ne dirai pas que c’était facile, mais je n’ai jamais douté de la décision de revenir, et c’est toujours un plaisir de revenir. »

Les chefs de division Alan Bergman et Dana Walden (coprésidents, Disney Entertainment), Jimmy Pitaro (président, ESPN) et Josh D’Amaro (président, Disney Parks, Experiences & Products) ont chacun souligné les raisons d’être optimiste à l’égard de Disney grâce par exemple à l’ensemble formé par Disney+ et Hulu qui offrira « une expérience unique » d’ici la fin de l’année, ainsi que ESPN qui lancera une offre alternative pour le consommateur d’ici 2025 et un investissement de 60 milliards de dollars dans les parcs Disney. Tout cela n’occulte pas l’épée de Damoclès du moment, le secteur du cinéma.

« En évaluant notre performance, l’une des raisons pour lesquelles je pense qu’elle a chuté est que nous en faisons trop. Lorsqu’il s’agit de créativité, la qualité est bien sûr essentielle, mais la quantité peut détruire la qualité de plusieurs manières » a expliqué Bob Iger hier après-midi à son auditoire.

« Nous voulons évidemment reconstruire notre studio non seulement pour qu’il réalise de grands films de manière cohérente, mais aussi pour notre statut prééminent dans le secteur », a déclaré Bob Iger, qui a quitté l’entreprise sur une bonne note. En 2019, la firme aux grandes oreilles a établi un record personnel avec un box-office mondial autour des 11 milliards de dollars répartis sur plusieurs films de différents labels : Captain Marvel, Aladdin (remake), Avengers : Endgame, Toy Story 4, La Reine des Neiges II et Star Wars : L’Ascension de Skywalker étant tous devenus milliardaires.

L’examen de conscience et l’avenir optimiste

Le centenaire de Disney a été gâché par une série de contre-performances (Ant-Man et la Guêpe : Quantumania, La Petite Sirène), d’échecs commerciaux liés à une mauvaise stratégie de distribution (Le Manoir Hanté et The Creator par exemple) et de véritables mauvaises surprises (Indiana Jones et le Cadran de la Destinée et The Marvels en tête). Si quasiment aucun film n’a réellement percé, retenons quelques points positifs dans l’histoire comme le beau succès rencontré par Les Gardiens de la Galaxie Volume 3, qui sans atteindre le milliard, demeure le hit Disney le plus rentable de l’année avec 845 millions de dollars à son actif, tandis qu’Élémentaire, dernier-né de Pixar, s’est offert une remontada honorable au box-office en cumulant 486 millions de dollars en bout de course.

Le studio termine son centenaire avec une déception commerciale, le Disney de Noël Wish : Asha et la Bonne Étoile, n’ayant pas pris la tête du box-office américain lors du week-end de Thanksgiving (soit ses premiers jours d’exploitation sur le sol américain mais aussi dans le monde). Rien n’est écrit d’avance et le vœu non exaucé pourrait peut-être se réaliser si le film bénéficie d’un bon accueil du public grâce au fameux bouche-à-oreille, celui-là même qui avait permis au dernier film de Pixar de sauver les meubles.

Ainsi, l’année 2024 de Disney sera fortement scrutée par les fans comme la presse, dans sa quantité de contenus comme leur qualité… Si les grosses sorties ont effectivement été réduites (deux Marvel ayant été reportés à 2025 ainsi que le prochain film original de Pixar et le remake de Blanche Neige et les Sept Nains), l’agenda sera malgré tout conséquent avec :

  • Pour les studios d’animation Walt Disney : un long-métrage inédit en fin d’année (peut-être Zootopie 2 ?),
  • Pour les studios Disney : Mufasa : Le Roi Lion et un autre film sans titre actuellement,
  • Pour les studios d’animation Pixar : Vice-Versa 2,
  • Pour les studios Marvel : Deadpool 3 (dont le tournage a officiellement repris),
  • Pour les studios 20th Century : The First Omen, La Planète des Singes : Le Nouveau Royaume, The Amateur, un film Alien sans titre,
  • Sans parler des sorties Searchlight Pictures pas encore annoncées..

« J’ai passé l’année avec l’équipe à réparer beaucoup de choses », a conclu Bob Iger. « Mais j’ai l’impression que nous venons tout juste de sortir d’une période de nombreux travaux de réparation et de construction – et je peux vous le dire, construire est bien plus amusant que réparer. »



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