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Editos

Disney au sommet du box-office mondial en 2019

2019 est l’année de Disney au box-office mondial. En moins de sept mois, The Walt Disney Company a battu le record de recettes au box-office mondial. Le lancement triomphal du (Le) Roi Lion en juillet 2019, en passe de devenir milliardaire, a permis à la firme aux grandes oreilles d’atteindre 7,67 milliards de billets verts cumulés depuis janvier. Elle a dépassé ainsi le record précédent établi à 7,61 milliards de dollars en 2016… par Disney ! Et ça n’est pas prêt de s’arrêter ! La puissante compagnie va continuer de progresser durant le prochain semestre avec la sortie de Maléfique : Le Pouvoir du Mal, La Reine des Neiges 2 et Star Wars : L’Ascension de Skywalker.

Le box-office mondial 2019 phagocyté par Disney

L’agenda 2019 des studios Disney était assuré de cartonner au box-office. Cette année lucrative a été marquée par la suprématie de Avengers Endgame, désormais plus gros hit cinématographique de l’Histoire devant Avatar et Titanic (sans prendre en compte l’inflation). Le blockbuster qui a permis à Marvel Studios de boucler onze (premières) années de construction narrative a atteint les 2,79 milliards de dollars en l’espace de trois mois. Parallèlement, deux autres films des Walt Disney Studios ont dépassé le cap du milliard de dollars, à savoir Captain Marvel – un vrai pari audacieux – et Aladdin, tout récemment.

Walt Disney Studios Line Up

N’oublions pas le succès immense rencontré par Toy Story 4, qui, à l’heure où sont écrites ces lignes, est placé au 5ème rang des films les plus lucratifs du label Pixar. Le film de Josh Cooley, sorti mi-juin dernier, affiche déjà 971 millions de dollars de recettes dans le monde. Et il serait finalement illogique de parler de contre-performance pour Dumbo, qui n’a engrangé « que » 352 millions de dollars. Ce chiffre reste excellent par rapport aux enjeux d’une telle production, qui n’était pas nécessairement d’atteindre des sommes mirobolantes. Tim Burton a récolté dans l’ensemble de très bonnes critiques et une excellente aura médiatique ; sa version de Dumbo a marqué les esprits.

Un deuxième semestre 2019 prometteur

Cet automne, Maléfique sera de retour au cinéma avec le second volet de ses aventures, toujours portées à l’écran par Angelina Jolie. Le premier opus avait récolté un très gros score en 2014 avec 758 millions de dollars confortant l’intention de Disney d’offrir un second film au public. Et il y a de fortes chances que ce dernier fasse autant voire plus de recettes en octobre prochain. C’est finalement très stratégique d’avoir avancé la date de sortie de ce film à 2019 au lieu de 2020. Quant à Artemis Fowl initialement prévu en août 2019, Disney n’a pas voulu prendre de risques et préféré attendre de pouvoir peaufiner sa copie pour lui assurer une sortie convenable. Le mois d’août n’a pas été propice à Jean-Christophe et Winnie l’an passé…

Mais le gros du sesmestre sera composé de La Reine des Neiges 2 et de Star Wars : L’Ascension de Skywalker, qui achèvera en apothéose ce line-up dément d’un point de vue commercial. Il s’agira de l’ultime volet de la saga Skywalker, une ennéalogie débutée en 1977 et qui s’achèvera donc 42 ans plus tard. Notre analyse de cet agenda ne prend pas en compte les sorties des films issus de la 21st Century Fox. Le réseau de distribution des films de la Fox, en particulier ceux de la 20th Century Fox, de Fox Searchlight Pictures et de BlueSky Studios, est de la responsabilité de Disney désormais : les films ne sont donc plus distribués par 20st Century Fox mais directement par Walt Disney Studios Motion Pictures. La plupart des gros marchés dépendent désormais de Disney comme référent direct, les labels de la Fox n’étant plus que de simples studios de production comme le sont Pixar, Marvel Studios ou Lucasfilm Ltd.

box-office mondial

Une concurrence en mal

C’est bien simple, le caractère hégémonique de Mickey sur le box-office de 2019 est sans aucun doute comparable à la suprématie de la MGM dans la première moitié du XXème siècle. Une main mise sur le marché hollywoodien et mondial qui n’est, il est vrai, pas sans conséquence sur la dynamique des autres majors de divertissement, toutes asphyxiées de mois en mois par les sorties de The Walt Disney Company. Et c’est sans compter sur les « petites » majors comme Lionsgate ou EuropaCorp ou les studios indépendants, victimes collatérales du système… 36,7 % du marché américain fut détenu par Disney de janvier à juillet 2019, soit 2,42 milliards de dollars, qui a mis à mal tous ses concurrents directs à commencer par les géants Universal Pictures et Warner Bros. Pictures qui n’atteignent même pas la moitié des revenus actuels de l’empire de Walt et sont à la peine en terme de franchises lucratives (Warner se perdant dans ses licences DC et Wizarding World et Universal étirant des marques comme Jurassic Park ou Fast & Furious au potentiel limité).

« Disney a aligné une rangée de tueurs entre le final d’Avengers et le final de Star Wars et les suites de leurs deux plus grandes franchises animées (La Reine des Neiges et Toy Story), et ils sont toujours dans l’âge d’or des remakes avec Aladdin et Le Roi Lion », a déclaré un employé d’un studio rival au site américain BuzzFeed News.

Les Men in Black, les Godzilla et autres franchises rivales ont enterrés leur propre tombe. Seuls deux films ont réussi à se démarquer un peu, appartenant à deux genres que Disney ne peut, aujourd’hui en tout cas, metre en avant, John Wick 3 et Us. Le seul film « non-Disney » qui ait réussi à vraiment remporter le gros lot à ce jour est Spider-Man Far From Home de Sony Pictures (un milliard de dollars), produit… par les studios Marvel, entité de Disney. Et les Resorts Disney en particuliers ceux proposant des Parcs à thèmes appliquent exactement à la lettre le même procédé, basé sur de la consommation directe de franchises cinématographiques. La politique d’identification et d’épanouissement de marques fortes érigée par Bob Iger, PDG de la compagnie, n’a jamais aussi bien porté ses fruits qu’en 2019, celui-là même qui a réussi le plus gros coup de l’Histoire du Divertissement mondial, avoir racheté une major intégralement, après avoir mis la main sur Pixar, Lucasfilm Ltd. et Marvel.

Pourquoi le public ne jure que par Disney en 2019 ?

C’est la question que s’est posé le site Variety. Disney a réussi créer une stratégie prolifique à chaque sortie de ses films qui sont vendus comme des événements culturels (voire sociétaux) à part entière. Ils ne sont plus que de simples blockbusters. Ils sont et façonnent la vie de loisirs et l’évasion nécessaire à tout un chacun, au quotidien. Et cela s’applique à toutes les générations. L’avantage des nouvelles [générations] est de ne pas avoir été lassées par les années de montée en puissance de The Walt Disney Company. Ainsi, le dernier Marvel se devra d’être vu au cinéma forcément, car il n’est que l’épisode suivant ou la pierre supplémentaire qui permet de redéfinir la trame scénaristique érigée en plusieurs années au sein du Marvel Cinematic Universe. Il faudra le voir comme un bon livre, dernier-né d’une saga de best-sellers qui se complètent et se répondent. Parce qu’il est aussi épique et proposé comme un expérience visuelle, il sera forcément vu au cinéma avant d’autre supports.

Le Roi Lion Teaser
Le Roi Lion Teaser

Concernant l’industrie des remakes Disney, ils suivent une règle intarissable. Les parents ont été bercés par les Grands Classiques animés dont ils dérivent et auront non seulement envie de les redécouvrir différemment mais surtout de les faire découvrir à leur progéniture pour mieux initier ces bambins aux originaux, qui eux, ne les ont pas connus. Le public perçoit la marque Disney comme une garantie de passer du bon temps à une époque où les billets de cinéma deviennent de plus en plus onéreux, surtout pour une famille, ce qui réduit les sorties : le choix du film est très simple. La nostalgie n’est pas en reste, omni-présente dans toutes les franchises mises en avant par Disney aujourd’hui. La valeur assurée reste Disney : pas de prise de risque pour la famille américaine (qui espère se libérer de l’ambiance d’animosité qui règne sur le pays divisé par le président Donald Trump en ce moment), européenne, africaine et asiatique ! Autre raison qui explique cet engouement sans précédent est la musique : beaucoup de films sortis cette année ont des sonorités simples et qui rassemblent. Cela joue énormément dans l’inconscient collectif, qu’il s’agisse de Disney, Marvel ou bientôt Star Wars. Et comme le font déjà les plateformes de streaming, Disney joue sur l’idée de rendez-vous pour amener l’enthousiasme du public, qui est, presque dans « l’obligation culturelle » de payer sa place de cinéma.

box-office mondial

Tout a une fin

La première moitié de l’année a été légère en terme de concurrence, mais les pronostiqueurs du secteur sont optimistes quant au fait que la dernière moitié de 2019 sera favorable aux autres studios. Hobbs & Shaw, le produit dérivé Fast & Furious chez Universal Pictures, s’annonce bien pour terminer l’été, alors que Ca – Chapitre Deux et Joker devraient stimuler les revenus de Warner Bros. Pendant les vacances, Paramount a Terminator: Dark Fate en atout et Sony dévoilera son nouveau film basé sur la franchise Jumanji. Par ailleurs, Disney pourrait ne pas être en mesure de maintenir son élan pour toujours. L’année record du studio au box-office coïncide également avec l’apogée de certaines de ses plus grandes marques. Disney atteindra durant la prochaine décennie les limites de son art en terme de remakes, ayant épuisé l’ensemble de son catalogue animé. Marvel continuera de déployer des dizaines de super-héros (6000 personnages au compteur), mais certains de ses héros les plus puissants ont rangé leur armure après Avengers Endgame. Il faudra « crée » d’autres stars aussi notoires. Le studio retournera assurément dans une galaxie lointaine même après Star Wars : L’Ascension de Skywalker, mais SOLO : A Star Wars Story a prouvé que tous les personnages de George Lucas n’ont pas tous le pouvoir du roi Midas.

Avengers Endgame box-office mondial

En attendant, Disney a placé ses pions pour la fin de l’année aux dates les plus prisées du calendrier américain, comme le week-end de Thanksgiving et celui avant Noël. Et l’année 2020 au box-office mondial pour Disney dans tout ça ? Elle s’annonce plus que risquée avec des films Disney dont on ignore encore s’ils fonctionneront tant que ça, des films Marvel Studios (Black Widow et The Eternals) qui n’auront quasiment rien de connu jusqu’à présent sur lequel s’appuyer pour se vendre et le redémarrage d’une franchise, Avatar, qui peut très bien se diriger droit dans le mur si elle n’adopte pas un ton radicalement original. Mais l’année 2020 sera aussi et surtout l’année du front du streaming. The Walt Disney Company va prochainement s’attaquer au marché du streaming avec le lancement, dès novembre 2019 aux États-Unis (en 2020 en Europe), de sa plateforme Disney+Il faudra non seulement faire vivre les franchises existantes mais en créer d’autres, créer la surprise, rivaliser d’ingéniosité avec Netflix & cie, et « nourrir » les abonnés d’un contenu toujours plus riche et exclusif.

Mulan Bande-Annonce

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